18% des messages sur les réseaux demandent l'expulsion des migrants et 34% associent ce groupe à la violence, selon OBERAXE
Alerte sur le fait que les plateformes continuent de ne pas agir « fermement » contre les discours de haine, Tik Tok étant celle avec le taux de retrait le plus élevé
MADRID, 20 janvier () –
18% des messages publiés sur les réseaux sociaux appellent à l'expulsion des migrants et 34% associent ce groupe à des vols et à des violences, selon le dernier bulletin mensuel de l'Observatoire espagnol du racisme et de la xénophobie (OBERAXE).
Concrètement, il explique qu'un autre fait « inquiétant » est la croissance de publications qui présentent l'immigration comme une « invasion » et qui promeuvent « des récits qui justifient la discrimination et la criminalisation des musulmans et des personnes d'origine nord-africaine ». En effet, le rapport montre une augmentation de 15 points des messages favorisant l'expulsion des personnes d'origine étrangère, un message qui représente déjà 18% du total des contenus haineux signalés.
En ce sens, OBERAXE prévient que les réseaux sociaux continuent de ne pas agir « fermement » contre les discours de haine. Ainsi, il indique qu'en décembre, seulement 28,4% des contenus racistes et xénophobes signalés ont été éliminés par les plateformes, c'est-à-dire qu'elles ont maintenu actifs plus de 70% des messages signalés.
Le rapport précise que TikTok est la plateforme avec le taux de suppression le plus élevé (83 %), tandis que X (anciennement Twitter) n'en a supprimé que 10 % et YouTube, aucun. Instagram et Facebook, avec respectivement 26 % et 72 %, affichent des réponses disparates.
Par ailleurs, OBERAXE prévient que les publications xénophobes renforcent la « fausse idée » d'une « invasion migratoire », notamment contre les maghrébins et les musulmans. En effet, il assure que de nombreux messages ont été détectés favorisant « des expulsions massives », tels que « venez, venez, venez recevoir de l'argent, volez et violez » ; « ce ne sont pas des immigrés, c'est une armée que le dictateur distribue dans tout le pays » ; ou « déportez-les tous ».
D'un autre côté, il met également en garde contre la « prolifération des théories de la suprématie blanche », comme le soi-disant « plan Kalergi », et une légère recrudescence du discours islamophobe, notamment pendant la période de Noël.
Concernant le contenu de ce type de messages, le rapport révèle que 60% des discours de haine analysés comportent « des insultes et des expressions agressives », tandis que 8% utilisent « l'ironie et le sarcasme pour masquer leur contenu discriminatoire ».
Dans ce sens, OBERAXE insiste sur « l'urgence » pour les réseaux sociaux de renforcer leurs mécanismes de modération pour stopper l'expansion des discours de haine dans l'environnement numérique. « La permissivité de certaines plateformes perpétue la désinformation, renforce les préjugés et met en péril la coexistence sociale », souligne-t-il.
De même, il souligne que le suivi d'OBERAXE est « fondamental pour rendre visible et combattre la xénophobie et le racisme dans l'environnement numérique », mais estime qu'« une réponse plus forte est nécessaire de toute urgence de la part des plateformes pour éviter que ces discours ne soient normalisés et traduits en violence ». dans la vraie vie.
