CCOO PV estime que le Consell « assume le racisme de l'extrême droite » en recourant à la régularisation des migrants
VALENCE 15 avril ( – 9
CCOO PV considère que la décision du Consell de faire appel du décret approuvé par le gouvernement pour la régularisation des migrants signifie « assumer les arguments et l'agenda racistes de l'extrême droite ». Il regrette en outre que « la Generalitat soit utilisée comme porte-parole de la xénophobie institutionnelle », lorsqu'il rappelle que l'administration publique « doit garantir les droits et non être une barrière contre les personnes les plus vulnérables ».
C'est ce qu'a déclaré la secrétaire de Migration, Coopération et Mouvements sociaux du syndicat, Isabel Barrajón, après que le gouvernement valencien a annoncé qu'il ferait appel contre l'arrêté royal approuvé par le Conseil des ministres pour le processus de régularisation extraordinaire des migrants, qui entrera en vigueur ce jeudi. De l'avis du Consell, cette décision intervient « sans aucune sorte de prévoyance ni de ressources » et « générera une saturation des services publics de base dans la Communauté valencienne ».
Dans un communiqué, CCOO PV exprime sa « totale indignation », dénonce la « dérive » de l'exécutif régional et défend que « les droits de l'homme ne se négocient ni ne font appel, ils sont garantis ». « Nous ne sommes pas confrontés à un débat technique ou sur les ressources, mais plutôt à une attaque frontale contre la justice sociale et à une capitulation éthique face aux postulats les plus réactionnaires », affirme-t-il.
Le syndicat critique le fait que le Consell « utilise le manque de ressources comme excuse bureaucratique pour cacher une décision idéologique ». « Recourir à la régularisation, c'est s'opposer consciemment au fait qu'une partie de notre quartier continue de vivre dans l'ombre, sans droits fondamentaux », soulignent-ils.
« ILS SONT NOS VOISINS »
« Contrairement au discours sur l'invasion, la réalité est que nous parlons de personnes qui partagent déjà notre vie quotidienne », soulignent-ils. « Ce sont ceux qui s'en soucient, ceux qui travaillent la terre et ceux qui construisent notre société à partir du silence imposé. La régularisation n'est pas seulement un processus administratif, c'est un acte de réparation envers des milliers de personnes à qui le système nie leur existence tout en bénéficiant de leurs efforts. Ce sont nos voisins. »
Ils préviennent également que « l'argument récurrent de l'effet d'appel est un piège » et que « qualifier la régularisation de récompense est une cruauté institutionnelle ». « Maintenir les gens dans l'irrégularité administrative ne fait que garantir qu'ils vivent dans des conditions de précarité, voire de semi-esclavage. »
Et ils soulignent : « Le véritable « effet d'appel » qui devrait préoccuper le Consell est celui qui attire l'exploitation et l'impunité des entreprises. Cette régularisation extraordinaire est une question de justice sociale pour empêcher les personnes de première et de seconde zone dans notre pays. En faisant appel de ce décret, le Consell ne protège pas la population valencienne ; il protège un modèle de société exclusif et fracturé.
De son côté, Comisiones Obreras s'est engagée, comme elle le fait depuis 1989, à adapter sa structure territoriale et fédérative pour mettre en œuvre un vaste réseau de personnes qui informent et gèrent gratuitement les demandes. À cet effet, le syndicat a conçu une stratégie de communication, d'information et de diffusion du processus extraordinaire, ainsi que de présentation et de gestion des demandes tant physiquement, depuis son siège, que électroniquement sous format numérique.
« Mettre fin à l'ère d'irrégularité du modèle d'immigration espagnol et rendre ce processus aussi large, agile et efficace que possible, pour faciliter l'accès de ces milliers de personnes à une situation d'emploi normale et faciliter l'inclusion, est un objectif social partagé dans lequel CCOO PV s'engage directement », concluent-ils.
