Les îles Canaries rejettent l'obligation du gouvernement de désigner des représentants pour le tri des mineurs migrants
MADRID, 23 juillet. () –
Le Gouvernement des Îles Canaries a exprimé ce jeudi sa « profonde perplexité » et a avancé son refus face à la demande adressée par la Délégation Gouvernementale aux Îles Canaries à la Direction Générale de Protection de l'Enfance et des Familles de désigner, dans un délai de quinze jours, des représentants temporaires pour les mineurs étrangers non accompagnés pendant la phase de triage, sous l'avertissement d'éventuelles actions en cas de non-respect.
La ministre de la Protection sociale, de l'Égalité, de la Jeunesse, de l'Enfance et de la Famille, Candelaria Delgado, qui s'est rendue à Madrid pour participer à la Conférence sectorielle sur l'immigration, finalement suspendue faute de quorum, a déclaré à la ministre Elma Sáiz, qu'elle a ensuite rencontrée, qu'il est particulièrement frappant que cette demande soit formulée sans que la portée des obligations dérivées du Règlement (UE) ait été préalablement expliquée aux communautés autonomes. 2024/1356 et des critères communs n’ont pas été établis pour son application sur l’ensemble du territoire national.
Au cours de la même réunion, les deux administrations ont convenu de tenir une réunion bilatérale le 26 août pour discuter de tous les points à l'ordre du jour de cet appel et de tout autre qui pourrait intéresser les îles Canaries, dans le but de faire progresser la coordination institutionnelle et de répondre aux besoins spécifiques des îles Canaries en tant que territoire frontalier, indique une note de l'exécutif canarien.
Candelaria Delgado a souligné que les Îles Canaries vont répondre à cette demande en refusant parce que, entre autres, « les ministères de l'État espagnol n'ont pas encore établi comment ce protocole sera exécuté, qui devra participer à ce tri ».
La Ministre de la Protection Sociale a expliqué que la semaine dernière, elle avait déjà évoqué cette question lors de la conférence sectorielle sur l'Enfance et que la ministre et son équipe ne savaient pas que la délégation gouvernementale aux Îles Canaries avait fait cette demande.
« Je leur en ai fourni une copie et je les ai informés que nous préparons la réponse à cette demande et que je la leur enverrai également. Elle s'est engagée à parler avec le Ministre de l'Intérieur et le Ministre de l'Enfance pour établir ce protocole et définir comment agir dans ces triages et qu'ils nous donneront une réponse dans ce sens », a-t-il indiqué.
Le Gouvernement des Îles Canaries avait prévu de demander lors de la Conférence du secteur de l'immigration – la première convoquée depuis environ 16 mois – que le ministère clarifie la portée des nouvelles obligations dérivées du Pacte européen sur la migration et l'asile et qu'une procédure homogène soit établie pour toutes les communautés autonomes pour garantir la coordination institutionnelle nécessaire à sa correcte application, comme il l'exige expressément par écrit depuis des mois aux ministères correspondants, et comme il l'a déjà exprimé lors de la dernière Conférence sectorielle sur l'enfance.
Cette circonstance est encore plus surprenante lorsque l'Administration générale de l'État elle-même a récemment déclaré, à travers un communiqué de presse, que « le principal impact du Pacte a été détecté dans le domaine de l'Administration générale de l'État » et que, « lorsque les implications pour les communautés autonomes deviendront concrètes, elles seront immédiatement informées et les mesures de coopération et de coordination nécessaires seront prises pour les soutenir dans la mise en œuvre de la PEMA », souligne le gouvernement canarien.
De l'avis du Gouvernement des Îles Canaries, la demande reçue soulève d'importantes questions juridiques et juridictionnelles qui auraient dû être résolues au préalable et de manière coordonnée entre toutes les administrations concernées.
DÉFINIR LES COMPÉTENCES EN PREMIER
Premièrement, il souligne qu'il est nécessaire de déterminer quelle administration est compétente pour désigner le représentant temporaire du mineur lors de la phase de triage, en tenant compte du fait que cette procédure relève de l'État et que les compétences régionales en matière de protection des mineurs sont activées une fois ledit processus terminé et la minorité de la personne déterminée.
De même, les Îles Canaries estiment nécessaire de clarifier pourquoi cette exigence s'adresse à la communauté autonome alors que l'État lui-même avait communiqué que les implications du nouveau règlement pour les communautés étaient encore en suspens et qu'elles feraient l'objet d'une information et d'une coordination avant sa mise en œuvre.
De même, l'Exécutif autonome comprend que, si l'Administration générale de l'État a établi différents groupes de travail pour développer l'application du Pacte européen sur la migration et l'asile, dont un spécifique sur la procédure de triage, il est « essentiel » de savoir s'il existe déjà un protocole d'action commun pour l'ensemble du territoire national ou si, au contraire, des actions sont exigées des communautés autonomes avant que ce cadre ne soit défini.
La ministre de la Protection sociale, de l'Égalité, de la Jeunesse, de l'Enfance et de la Famille a rappelé qu'elle a toujours montré sa « volonté maximale » de collaborer avec l'État dans la protection des enfants et adolescents migrants et dans la correcte application de la réglementation européenne.
C'est précisément pour cette raison qu'il a estimé qu'une question de cette importance doit être abordée sous l'angle de la coopération institutionnelle, de la sécurité juridique et du respect de la répartition des pouvoirs, « et non à travers des exigences unilatérales accompagnées d'avertissements sur d'éventuelles conséquences juridiques ».
