Le Gouvernement de Ceuta demande de modifier la loi sur l'immigration pour autoriser les retours par voie maritime
CEUTA 26 juillet () –
Le Gouvernement de Ceuta a demandé dimanche une modification de la Loi Organique sur l'Immigration afin que le régime spécial de refus aux frontières puisse également être appliqué aux migrants qui accèdent irrégulièrement à la ville par voie maritime.
L'Exécutif local considère que la récente décision de la Cour suprême qui empêche le retour immédiat de ceux qui arrivent à la nage a provoqué une augmentation sans précédent de la pression migratoire à la frontière sud.
Dans un communiqué, la Ville Autonome soutient que l'augmentation des entrées irrégulières d'adultes et de mineurs enregistrés ces dernières semaines rend « indispensable » l'adaptation du cadre réglementaire à la réalité migratoire actuelle de Ceuta.
S'il reconnaît que l'augmentation des arrivées se répète habituellement chaque été, il assure que la résolution judiciaire a aggravé la situation en modifiant le traitement juridique de l'accès par voie maritime.
Face à ce scénario, le gouvernement local défend la nécessité de réformer la dixième disposition additionnelle de la Loi sur l'Immigration pour garantir, selon lui, la sécurité juridique et l'efficacité des mécanismes de contrôle des frontières à Ceuta et Melilla.
La déclaration de l'Exécutif dirigé par Juan Vivas intervient un jour où deux migrants noyés sont apparus dans les eaux de Ceuta. Ce samedi, la Garde civile a récupéré le corps d'un autre jeune maghrébin décédé dans les mêmes circonstances.
Jusqu'à présent cette année, les autorités ont localisé 26 corps de personnes qui tentaient de rejoindre Ceuta à la nage depuis le Maroc. À cela s’ajoute que les moyens d’hébergement des mineurs et des adultes sont débordés.
Au Centre de Séjour Temporaire pour Immigrés (CETI), environ 200 personnes attendent aux portes l'autorisation de leur entrée après avoir complété le processus d'identification. Les établissements, de 512 places, accueillent déjà environ 500 résidents.
UNE INITIATIVE DU PP
La proposition de la Ville coïncide avec l'initiative enregistrée par le Parti Populaire au Congrès des Députés de modifier cette disposition et de préciser expressément que le régime spécial de refus à la frontière peut être appliqué à ceux qui tentent d'entrer irrégulièrement sur le territoire national par n'importe quel point non autorisé, tant par voie terrestre que maritime.
L'Exécutif de Ceuta a assuré soutenir « pleinement » ce projet de loi, étant entendu que la condition de Ceuta comme frontière extérieure de l'Espagne et de l'Union européenne nécessite de disposer d'outils juridiques adaptés aux nouvelles formes d'accès irrégulier, notamment celles qui se produisent par voie maritime.
L'Exécutif de Ceuta considère que la réforme renforcerait la sécurité juridique des actions des forces et organismes de sécurité de l'État, en offrant un cadre juridique plus clair pour intervenir dans ce type de situation.
Dans la déclaration, le Gouvernement rappelle que Ceuta est confrontée à une réalité migratoire « singulière et complexe », marquée par sa situation géographique et la pression constante que supporte sa frontière, c'est pourquoi il insiste sur le fait que la législation doit tenir compte des particularités des villes autonomes.
Pour cette raison, l'Exécutif local espère que le projet de loi promu par le Parti Populaire pourra être traité « le plus rapidement possible », estimant qu'il répond à un besoin « réel et urgent ».
