Vivas appelle à réformer la loi sur l'immigration pour faire face à la crise de l'immigration après en avoir reçu 1 500 en une semaine
CEUTA 29 juillet ( ) –
Le Gouvernement de Ceuta a préparé une proposition d'action contre la « crise migratoire », comme l'a décrit le président de la Ville Autonome, Juan Vivas, après l'entrée en une semaine de plus de 1.500 migrants, adultes et mineurs, dans la ville.
Pour couvrir l'égout qu'est devenue la mer de Ceuta depuis qu'il est interdit à la Garde civile de renvoyer les immigrés qu'elle intercepte en nageant dans le froid, l'Exécutif de Ceuta propose deux voies : répondre immédiatement à l'urgence à travers cinq mesures et jeter les bases pour éviter des situations de cette nature à l'avenir.
Parmi les actions urgentes, ils suggèrent de modifier au plus vite la loi sur l'immigration pour récupérer le chiffre de rejet à la frontière, initier les transferts d'adultes et de mineurs vers d'autres communautés autonomes, renforcer les ressources matérielles et humaines des forces et organes de sécurité et intensifier la collaboration avec les autorités marocaines pour contenir les entrées irrégulières.
Le président de Ceuta a exprimé la nécessité d'établir un « commandement unique » pour « coordonner la crise de manière efficace et agile ». Le peuple a assuré ne pas encore connaître la formule pour le mettre en pratique, mais a demandé que, en collaboration avec le gouvernement national, « on cherche une forme juridique adéquate pour le rendre viable ».
Vivas a avoué son souhait que les groupes parlementaires du Congrès « s'accordent » sur « une question d'Etat » qui « exige des réactions appropriées ». Il espère notamment qu'ils parviendront le plus rapidement possible à un consensus pour réformer la loi sur l'immigration.
UNE CRISE SIMILAIRE À MAI 2021
Le président de Ceuta a prévenu que, si « des mesures appropriées proportionnées à l'ampleur du problème » ne sont pas appliquées dans les plus brefs délais et si « l'intensité de l'afflux » est maintenue, « prochainement » Ceuta atteindra des chiffres « similaires à ceux de mai 2021 », lorsque plus de 10 000 étrangers en provenance du Maroc sont entrés dans la ville.
Comme détaillé, il existe actuellement des journées avec plus de 200 entrées quotidiennes, alors que les ressources d'accueil restent saturées. Dans le cas des mineurs étrangers non accompagnés, la surpopulation a été estimée à 1 600 % par rapport à la capacité ordinaire prévue.
Le président a également souligné l'impact humain de la situation et a rappelé qu'au cours des douze derniers mois, une soixantaine de corps ont été retrouvés en mer, un chiffre qu'il a qualifié de plus « grave et douloureux » de la crise actuelle.
Parmi les mesures d'urgence, le Gouvernement propose de débloquer des ressources extraordinaires pour atténuer l'effondrement des centres d'accueil et accélérer le départ des migrants de la ville à travers les mécanismes prévus par la législation.
Vivas a appelé à activer les ressources financières envisagées pour les situations d'urgence migratoire, à renforcer les forces de police et les moyens de contrôle des frontières et à intensifier la coopération avec le Maroc pour réduire la pression migratoire.
L'une des principales approches de l'Exécutif est de modifier la Loi sur l'Immigration pour récupérer le mécanisme de rejet à la frontière des personnes interceptées lorsqu'elles tentent d'accéder à Ceuta par voie maritime. Vivas a expliqué que la récente interprétation de la Cour suprême a annulé cette possibilité et a défendu une réforme juridique qui permettrait de l'appliquer à nouveau.
Selon lui, récupérer cet instrument contribuerait non seulement à réduire la pression sur les ressources d'accueil, mais aurait également un effet dissuasif qui empêcherait davantage de personnes de risquer leur vie en essayant d'atteindre la ville à la nage. « Si quelqu'un sait que s'il arrive par la mer, il sera immédiatement rejeté, il n'essaie pas. Et s'il n'essaye pas, il ne risque pas sa vie », a-t-il expliqué.
Parallèlement à ces actions, le Gouvernement estime nécessaire d'étudier la création d'un « commandement unique » capable de coordonner la réponse de toutes les administrations concernées. Bien qu'il ait reconnu qu'il n'existe pas encore de formule juridique définie pour la mettre en œuvre, Vivas a défendu qu'une crise de ces caractéristiques nécessite un organisme capable de diriger et de coordonner rapidement les actions des différents ministères, de la Délégation Gouvernementale et de la Ville Autonome.
Interrogé sur la possibilité d'avoir promu la réforme de la loi sur l'immigration plus tôt, après les premières résolutions judiciaires contre les retours directs par mer, Vivas a reconnu qu'« on aurait pu tenter de modifier la loi auparavant », tout en rappelant les difficultés existantes pour parvenir à des accords parlementaires dans le contexte politique actuel. Cependant, il a défendu que le moment actuel nécessite un consensus entre les principales forces politiques car il s'agit, selon lui, d'une « question d'État ».
Concernant la situation des migrants adultes qui restent en dehors du Centre de Séjour Temporaire pour Immigrés (CETI), le président a confirmé que la Délégation Gouvernementale travaille à la localisation d'espaces d'accueil extraordinaires pour faire face à la saturation existante, même s'il a précisé que leur emplacement n'a pas encore été précisé.
