Amnesty International demande au gouvernement des informations sur les retours « forcés et illégaux » présumés depuis Ceuta

Amnesty International demande au gouvernement des informations sur les retours « forcés et illégaux » présumés depuis Ceuta

MADRID, 13 août ( ) –

Amnesty International a demandé au gouvernement des informations sur des retours « forcés et illégaux » présumés depuis la frontière de Ceuta vers le Maroc après l'arrivée irrégulière de 72 000 migrants les 30 et 31 juillet.

En ce sens, l'organisation a été « alarmée » par les informations faisant état de « retours forcés sommaires et illégaux » à la frontière qui contredisent le discours de l'Exécutif selon lequel la majorité des migrants entrés à Ceuta sont déjà rentrés au Maroc.

Il a également fait référence à des informations, non confirmées par Amnesty International, révélant que les personnes qui traversaient la frontière pour se rendre à Ceuta se voyaient initialement refuser l'accès à l'eau, à la nourriture ou à une assistance de base. Il a également souligné que, selon ces documents, ils ont fait l'objet d'« attaques » de la part de certains groupes de citoyens.

D'autre part, Amnesty International a reçu des informations selon lesquelles des personnes qui ont nagé en mer au-delà des éléments de confinement ont été « rejetées » à la frontière. L'organisation a rappelé que la Cour suprême a établi que les autorités doivent respecter le droit international des droits de l'homme dans tous les cas, ce qui implique d'évaluer chaque cas individuellement, d'accorder une attention particulière aux personnes particulièrement vulnérables, telles que les mineurs ou les femmes enceintes, et d'autoriser la formalisation des demandes d'asile.

De même, il a souligné qu'en 2025, le Comité des droits de l'homme des Nations Unies a exhorté l'Espagne à s'abstenir d'appliquer des renvois sommaires et des expulsions à la frontière, y compris celles interceptées en mer ou sur les plages, et à garantir que les procédures de retour respectent les droits de l'homme, y compris le principe de non-refoulement.

Il a en revanche « profondément » regretté les pertes en vies humaines des deux côtés de la frontière. Dans ce sens, il a expliqué qu'il ne s'agit pas d'un événement exceptionnel, mais plutôt de « la conséquence mortelle des politiques de renforcement du contrôle des frontières et d'externalisation des responsabilités vers des pays tiers, combinées au manque de voies sûres et légales, et d'une politique d'asile et de migration centrée sur les personnes ».

REFUSE DE PARLER D' »INVASION »

De même, l'organisation a refusé de parler d'« invasion » lorsqu'elle parle de l'entrée de migrants, car, selon elle, cela peut « renforcer les stéréotypes racistes et déshumaniser les migrants et les réfugiés ». C'est pourquoi il a demandé aux autorités de s'opposer « fermement » à ce discours.

De même, Amnesty International a demandé aux autorités espagnoles des données actualisées sur le nombre d'arrivées, de décès, de nationalités, d'âge et de sexe des migrants ; des informations sur les retours ; des données sur l'accès à l'asile ; la situation des mineurs non accompagnés ; et les plaintes pour recours à la force par des agents de sécurité ou à la violence de la part de civils contre des immigrants.

Il a également mis en doute l'existence d'un prétendu accord entre l'Espagne et le Maroc pour le retour de toutes les personnes entrées à Ceuta et a demandé que cet accord ne soit pas rendu public.

Concernant les mineurs migrants non accompagnés, Amnesty International a souligné la nécessité de mettre en place des procédures « agiles » pour procéder à leur identification. Ainsi, à l'occasion de la prochaine Conférence sectorielle sur l'enfance, il a demandé aux gouvernements régionaux d'accepter l'accueil « urgent » des enfants qui se trouvent actuellement à Ceuta et de fournir une « solution durable » basée sur leur intérêt supérieur.

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