Body s'engage à faire progresser l'intégration « meilleure et plus rapide » des immigrés en Espagne et dans son économie
MADRID, 24 (EUROPA PRESSE)
Le ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Entreprise, Carlos Body, a insisté sur la nécessité de progresser dans l'intégration « la meilleure et la plus rapide » des immigrés en Espagne et dans son économie, car il s'agit d'un facteur qui contribue à compenser le vieillissement progressif, à inverser la pyramide des âges et à continuer à répondre à la demande de travailleurs, qualifiés et non qualifiés.
« Nous devons être conscients de l'effet positif de l'arrivée de l'immigration et de la nécessité d'avancer vers l'intégration la meilleure, la plus grande et la plus rapide possible de ces citoyens, de ces travailleurs, à notre pays et à notre économie », a déclaré le ministre à la Commission de l'Économie, du Commerce et des Affaires, tenue ce mardi au Sénat.
Body a fait référence à un rapport publié l'année dernière par la Banque d'Espagne, dans lequel on estime que l'arrivée de l'immigration dans la période 2022-2024 a représenté sept dixièmes d'une contribution positive à la croissance du PIB par habitant. « En pratique, pourrait-on dire, un tiers de la contribution du facteur national », a-t-il souligné.
Pour Corpo, ces données reflètent « clairement » l'impact positif du facteur immigration, qui contribue entre autres à compenser le vieillissement progressif, le renversement de la pyramide des âges, et permet de continuer à répondre à la demande de travailleurs, qualifiés et non qualifiés.
Le représentant économique du gouvernement a expliqué que les données relatives au précédent épisode de régularisation des immigrants en Espagne, au cours de l'année 2005-2006, indiquent un impact positif pour l'économie espagnole, qui se reflète dans l'augmentation de l'affiliation et dans la contribution positive au trésor public – 4.000 euros en termes nets par immigrant -.
Les études les plus récentes de l'Université d'Alicante suggèrent que l'arrivée d'immigrants entraîne également une amélioration en termes de productivité, car ils contribuent à réduire l'écart entre la demande de main-d'œuvre des entreprises et les qualifications des travailleurs nationaux.
SITUATION ACTUELLE DE L'ÉCONOMIE : UNE REPRISE BIEN AU-DESSUS DE L'UE
Le ministre a souligné que ces dernières années, l'économie espagnole a enregistré, après l'impact aggravé de la pandémie de Covid-19 en 2020, une reprise bien supérieure à celle de ses pairs européennes. « L'Espagne se démarque non seulement de la moyenne de l'Union européenne ou de la zone euro, mais aussi des trois autres grandes économies de la zone euro, comme l'Allemagne, la France ou l'Italie », a-t-il salué.
Pour l'avenir, le responsable de l'Économie espère que d'ici 2026, l'Espagne continuera dans cette voie parmi les principales économies avancées en termes de chiffres de croissance.
À cela s’ajoute le fait qu’environ 40 % des nouveaux emplois nets de l’économie de la zone euro en 2025 ont été enregistrés en Espagne, sachant que le pays représente environ 10 % de la taille de la zone euro.
« Ce que nous constatons est une reprise pratiquement totale, non seulement du Covid, mais de ce que nous avons perdu en termes de convergence après la crise financière. C'est une très bonne nouvelle pour l'Espagne », a-t-il célébré.
UNE HAUTE COMPÉTITIVITÉ AU NIVEAU INTERNATIONAL, MALGRÉ L'INCERTITUDE
Le responsable économique du Gouvernement a également souligné la bonne évolution du secteur extérieur, basé sur des exportations très compétitives, malgré les énormes défis et la complexité de la scène internationale, avec les changements géopolitiques et les nouveaux développements en matière tarifaire aux États-Unis.
« Même dans cette situation complexe et incertaine, nous parvenons à maintenir une compétitivité élevée au niveau international », a-t-il souligné.
PLUS DE CRÉATION ET DE CROISSANCE DES ENTREPRISES
Le ministre a également souligné l'amélioration de la dynamique de création et de croissance des entreprises espagnoles, ce qui indique qu'« une lacune historique dans le comportement de l'économie est en train d'être corrigée ».
Normalement, l'Espagne comptait des entreprises plutôt petites par rapport aux pays voisins, qui ne pouvaient pas se permettre des salaires élevés car leur productivité était également faible et ne pouvaient donc pas se permettre d'attirer des travailleurs hautement qualifiés.
Aujourd’hui, ce que l’on observe, c’est que ce schéma est en train de se briser et que le pays entre dans un cercle vertueux où les entreprises parviennent à se développer.
Selon Body, grâce aux réformes structurelles telles que la loi « Créer et grandir », le taux mensuel de création d'entreprises est passé de 8 000 à près de 11 000.
De même, le ministre a souligné le lancement de la ligne de financement direct « sur mesure pour les PME » de l'ICO, pour laquelle, depuis son lancement en septembre, plus de 1.700 demandes d'octroi de crédit ont été reçues pour une valeur d'environ 1.500 millions d'euros. « Cela fonctionne très bien », a souligné le ministre.
LA CROISSANCE 'MACRO' ATTEINT 'MICRO'
Body a souligné lors de sa comparution que la macro-croissance atteint la micro-croissance, c'est-à-dire la vie quotidienne des ménages espagnols.
« C'est une croissance qui convient à tous nos citoyens, mais en particulier à ceux qui ont des revenus moyens et faibles, qui sont les plus favorisés par l'arrivée de cette croissance dans leur vie quotidienne, dans leur capacité d'achat », a-t-il souligné.
Quoi qu'il en soit, le ministre a reconnu que la réduction des inégalités reste une tâche en suspens, car on enregistre encore des niveaux élevés de risque de pauvreté ou de chômage des jeunes.
