Feijóo déshonore Sánchez pour avoir mis près d'un mois à rencontrer le Conseil de sécurité après l'attaque de Ceuta : « Au bon moment »
MADRID, 24 août ( ) –
Le leader du PP, Alberto Núñez Feijóo, a reproché lundi au président du gouvernement, Pedro Sánchez, d'avoir mis près d'un mois à convoquer le Conseil national de sécurité après que l'Espagne ait subi une « violation de son intégrité territoriale » avec l'entrée massive de migrants enregistrés à Ceuta fin juillet.
« L'Espagne subit une violation de son intégrité territoriale et Sánchez met PRESQUE UN MOIS pour convoquer le Conseil national de sécurité. Au bon moment », a écrit Feijóo sur le réseau social 'X', accompagnant le tweet de coupures de titres de différents journaux sur l'annonce de la réunion.
La porte-parole du PP au Sénat, Alicia García, a également reproché à Sánchez son retard: « Lorsque l'urgence nécessite une direction immédiate, il ne vaut pas la peine de réagir en rentrant sereinement des vacances. Ceuta avait besoin de l'État dès le premier jour, pas d'une réunion tardive », a-t-elle écrit sur le réseau social X.
Précisément ce lundi, le PP a enregistré au Congrès une proposition non-légale pour exiger une « réponse de l'État » à la crise de Sécurité Nationale à Ceuta et garantir l'avenir de Ceuta et Melilla.
L'affirmation « populaire » selon laquelle cette entrée massive a outrepassé les mécanismes de contrôle ordinaires d'une frontière extérieure de l'Espagne et de l'Union européenne et a « profondément » modifié le fonctionnement de la ville et la vie quotidienne de ses plus de 80 000 habitants.
DÉCLARER UNE SITUATION D'INTÉRÊT POUR LA SÉCURITÉ NATIONALE
La proposition exhorte, en premier lieu, le Gouvernement à déclarer une situation présentant un intérêt pour la sécurité nationale, à convoquer le Conseil national de sécurité et à nommer l'autorité fonctionnelle prévue dans la loi sur la sécurité nationale, en déterminant ses pouvoirs pour diriger et coordonner les actions et les ressources humaines et matérielles mises à sa disposition.
Il demande également d'activer immédiatement les procédures légalement prévues pour le retour volontaire ou l'expulsion de ceux qui sont entrés illégalement en Espagne, de déployer toutes les unités d'immigration nécessaires à Ceuta et d'approuver un calendrier permettant de mener à bien le traitement et la résolution des dossiers.
Le PP demande également de réorienter les relations bilatérales avec le Maroc sur les principes de « respect et de réciprocité », en promouvant une relation qui « n'admet pas de menaces ni de chantage » et en réaffirmant que l'intégrité territoriale de l'Espagne « n'est remise en question ni à Ceuta, ni à Melilla, ni dans les eaux espagnoles ».
FRONTEX ET RENFORCEMENT DE LA FRONTIÈRE
Parmi les propositions incluses figure également l'utilisation de tous les instruments juridiques disponibles, tant nationaux qu'européens, pour défendre l'intégrité territoriale de l'Espagne et garantir la sécurité de la frontière de Ceuta, comme le déploiement immédiat de FRONTEX et l'application de procédures de triage, de contrôles de sécurité et de procédures aux frontières d'asile et de retour qui permettent un traitement accéléré.
En termes d'infrastructures, le PP propose d'étendre le périmètre frontalier jusqu'à la mer, en commençant par la digue de Tarajal, tandis qu'en termes de ressources humaines, il propose de consolider les renforts permanents de la Garde civile et de la Police nationale, d'augmenter les unités d'immigration et de renforcer les professionnels de la santé, en plus de promouvoir davantage de juges et de procureurs.
Dans le domaine technologique, il demande la mise en œuvre d'un système permanent et intégré de surveillance maritime et côtière et, au niveau législatif, la modification de la réglementation sur l'immigration et l'asile dans les termes inclus dans la proposition.
650 MILLIONS POUR CEUTA ET MELILLA
L'initiative demande également que l'Union européenne reconnaisse la situation « singulière et exceptionnelle » de Ceuta et Melilla avec un traitement équivalent à celui des régions ultrapériphériques en termes de fonds, de fiscalité et de frontières, en plus de promouvoir que les deux villes autonomes aient leur propre représentation dans la délégation espagnole du Comité européen des régions.
Enfin, le Groupe Populaire propose d'approuver, en accord avec Ceuta et Melilla et avec la participation de leur société civile, un Plan de Réactivation Économique doté d'au moins 650 millions d'euros pour la période 2027-2032.
Ce plan comprendrait une loi de régime spécial pour Ceuta et Melilla, des incitations économiques et des investissements publics, des améliorations de la connectivité avec la péninsule, des mesures contre le chômage des jeunes et pour faciliter l'accès au logement, ainsi qu'une plus grande présence structurelle de l'État dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la justice, des forces et des corps de sécurité et des forces armées.
