La Conférence épiscopale dénonce le « scandale éthique » de la précarité des femmes migrantes
MADRID, 20 avril () –
La Conférence épiscopale espagnole (CEE) a demandé que le travail ne devienne pas un « outil d'érosion humaine » et a qualifié de « scandale éthique » le fait que « 90 % des jeunes femmes migrantes occupant des emplois manuels souffrent d'une grave précarité ».
C'est ce qu'indique une note publiée ce lundi par les Départements de la Santé, Pastorale et Pastorale du Travail de la CEE à l'occasion de la Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail, célébrée le 28 avril prochain.
« En tant que société, nous ne pouvons pas permettre que le travail, qui devrait être source de dignité, devienne un outil d'érosion humaine. C'est un scandale éthique que 90 % des jeunes femmes migrantes occupant des emplois manuels souffrent d'une grave précarité », préviennent-ils.
Selon lui, une société qui repose sur le « sacrifice invisible des plus vulnérables » a perdu « sa boussole morale ». « Ils entretiennent nos maisons, prennent soin de nos aînés et nettoient nos villes, souvent sans droits fondamentaux ni protection », disent-ils.
Comme ils le soulignent, « la précarité n'est plus une exception, mais un système qui ronge la vie commune » et ils citent les données du récent rapport PRESME 2025, qui estime à 47,5 % le pourcentage de travailleurs en Espagne qui vivent sous une certaine forme de précarité.
En outre, ils préviennent que la précarité « maladie et, trop souvent, tue ». Ainsi, soulignent-ils, « le risque de souffrir de problèmes psychologiques est multiplié par 2,5 dans des conditions précaires » et que « au cours des 30 dernières années (1996-2025), 30 129 décès ont été enregistrés au travail ». « Ce ne sont pas des chiffres, ce sont des familles coupées par une culture qui fait passer la rentabilité avant la prévention », préviennent-ils.
À leur tour, soulignent-ils, citant le rapport FOESSA 2025, que « trois ménages sur quatre en situation d'exclusion sévère comptent des actifs ».
C'est pourquoi ils exigent « des politiques courageuses : une réelle stabilité, des salaires suffisants, une inspection du travail solide et l'intégration de la santé mentale dans la prise en charge de la vie des travailleurs ». « La dignité du travailleur doit être au-dessus de la logique du profit. Les entreprises soucieuses sont non seulement plus éthiques, mais aussi plus durables et humaines », soulignent-ils.
« Assez d'une économie qui tue !, de rythmes qui rendent malade et de morts qui auraient pu être évitées », s'exclament-ils, tout en appelant les institutions, les syndicats, les organisations patronales et les citoyens à prendre conscience « de cette urgence ». « La dignité humaine n'est pas négociable : il est temps pour la justice, il est temps pour un pays qui se soucie de nous ! »
