Le CES alerte sur un « marché légal » des nominations administratives qui place les migrants dans une « impasse »
MADRID, 12 novembre () –
Le Conseil économique et social (CES) reconnaît l'existence d'un « marché légal » pour les nominations administratives dans son « Rapport sur la réalité migratoire en Espagne : priorités des politiques publiques », qui, prévient-il, laisse les migrants dans une « impasse ».
En ce sens, le document révèle que les « difficultés » d'accès à un rendez-vous préalable via Internet « ont été aggravées par la prolifération de pratiques qui monopolisent automatiquement ceux qui sont sur Internet et les détournent vers des circuits privés, devenant disponibles uniquement dans certains services professionnels et en échange de sommes élevées ».
« Ces pratiques ont généré un marché légal qui profite des étrangers dans le besoin et qui exclut ceux qui ne disposent pas de ressources financières suffisantes pour payer les procédures, rendant difficile dans la pratique la promotion de leurs droits ou intérêts légitimes auprès de l'Administration », affirme le CES.
Le CES considère que le terme « légal » est une « nuance importante » car cette pratique n'est pas prévue par la loi mais n'est pas non plus qualifiée de délit.
Cette circonstance ajoute qu'elle rejoint « les difficultés, ou directement l'impossibilité pour de nombreuses personnes, d'effectuer des démarches par voie électronique, faute de moyens et/ou de préparation ». « La confluence de tout cela place de nombreux migrants dans une impasse administrative qui peut mettre en péril leur statut d'immigration, leur accès au marché du travail ou leur accès à certains services », souligne-t-il.
Pour le CES, « il faut continuer à faire des efforts pour mettre fin aux pratiques précitées qui peuvent rendre impossible l'obtention d'un rendez-vous et mettre en place en complément des mécanismes alternatifs pour en obtenir un ».
De même, il souligne la « nécessité » de permettre « des moyens suffisants » de soins en personne « afin d'éviter la génération de ce type de barrières administratives, tant pour l'obtention de rendez-vous préalables que pour l'exécution des démarches requises ».
Concernant les procédures d'autorisation, d'accès aux documents (NIE, TIE, « carton rouge » des personnes demandant une protection internationale), on met en garde contre « une assez grande disparité territoriale », tant dans les délais moyens de résolution que dans le pourcentage de demandes résolues dans le délai légal de trois mois. « Ainsi, l'existence de délais excessifs se confirme, avec des dépassements de délais dans certaines provinces et des délais dans ces procédures », souligne-t-il.
Dans ce sens, il appelle à « une plus grande coordination, simplification et rationalisation » des procédures administratives de gestion de l'immigration et affirme qu'il est « indispensable » que l'ensemble du réseau de bureaux soit « adéquatement » doté en personnel et en moyens matériels.
En outre, il est urgent de garantir l'accès aux soins aux migrants dans les bureaux consulaires et d'immigration, « en évitant que l'utilisation de ressources électroniques pour la communication et le traitement, ce qui est en soi positif, ne crée de nouvelles barrières ».
« OBSTACLES » À L'APPROBATION ET À L'ÉQUIVALENCE DES TITRES
Le rapport reflète également l'existence de « barrières » liées à l'homologation et à l'équivalence des diplômes étrangers.
Ainsi, le CES indique que les personnes issues de l'immigration sont « relativement plus exposées » à la surqualification dans les pays d'accueil. Dans ce sens, il explique que cette situation est due aux « barrières administratives » pour reconnaître et normaliser les qualifications et compétences acquises dans les pays d'origine. En outre, il met en garde contre les « obstacles » à la transférabilité des compétences dans l'exercice du travail, les « difficultés » à valider les expériences professionnelles antérieures et les « barrières linguistiques ».
D'autre part, il révèle que le système d'information statistique espagnol doit s'adapter aux recommandations des organismes statistiques internationaux sur l'amélioration des variables qui permettent « une meilleure approche des flux migratoires, de la réalité migratoire et de ses impacts afin de pouvoir articuler des politiques appropriées basées sur de meilleures preuves ».
Lors de la présentation de l'étude, la ministre de l'Inclusion, de la Sécurité sociale et de la Migration, Elma Saiz, concernant l'amélioration des statistiques demandée par le CES, a déclaré qu'elle « relevait le gant » pour fournir des informations plus « affinées ».
En outre, le ministre a exprimé le « ferme engagement » du Gouvernement envers les personnes en situation irrégulière et a souligné la figure des racines et la réforme de la réglementation sur l'immigration, qui élargit les hypothèses et assouplit les procédures.
RÉGULARISATION ILP
En revanche, interrogé sur l'Initiative Législative Populaire (ILP) visant à régulariser extraordinairement plus d'un demi-million de personnes, Saiz a appelé à la « responsabilité » des groupes parlementaires de prendre position et a insisté sur la nécessité que ce débat ait lieu.
Pour sa part, le président du CES, Antón Costas, a soutenu l'avancement de l'ILP. Il a également déclaré que l'analyse du Règlement sur l'Immigration est « très positive », puisque les modifications qu'il propose « sont un élément puissant » en ce qui concerne les effets économiques. Il a toutefois souligné qu'il disposait de « marges d'amélioration ».
