Le Médiateur avertit que le Règlement sur l'Immigration précarise les droits des migrants avec des racines
MADRID, 24 mars () –
Le Médiateur met en garde contre les conséquences de la réforme du règlement sur l'immigration, en vigueur depuis mai 2025, provoquant une « précarité » des droits des migrants ayant des racines en Espagne.
La réforme modifie les conditions d'accès aux autorisations de séjour en raison de circonstances exceptionnelles. Avant son approbation, les organisations sociales et les étrangers ont exprimé leur inquiétude auprès de l'institution.
Parmi les nouveautés, le règlement établit que le temps passé en Espagne en tant que demandeur de protection internationale ne compte pas dans la demande de racines. En outre, dans certains cas, il est nécessaire d'être resté en situation irrégulière pendant au moins six mois immédiatement avant le dépôt de la demande, ce qui oblige de nombreuses personnes à rester en dehors du système judiciaire pendant cette période.
Pour le Médiateur, cela signifie la disparition de la voie de régularisation pour les demandeurs d'asile, non seulement en termes de racines professionnelles mais aussi sous d'autres modalités.
Il souligne également le « retard existant » dans la résolution des dossiers de protection internationale en Espagne, qui, selon lui, « dépasse largement » les six mois légalement prévus et qui est reconnu par la Direction générale de la protection internationale.
En ce sens, il souligne qu'au fil des années, l'augmentation des demandes de protection internationale en Espagne « ne s'est pas accompagnée d'un changement dans la structure administrative destinée au traitement des dossiers et à l'accueil des demandeurs ».
REVUE DU SYSTÈME INTERNATIONAL DE PROTECTION
« Les diverses conséquences de cette situation ont déjà été évoquées les années précédentes dans les rapports annuels du Médiateur, dans lesquels était constatée la nécessité de revoir en profondeur le système de protection internationale, compte tenu du retard inquiétant dans le traitement des demandes », souligne-t-il.
Selon les données de l’Office de l’Asile et du Refuge, en 2025, 7 838 statuts de réfugiés et 10 103 protections subsidiaires ont été accordés. Des autorisations pour raisons humanitaires ont été accordées à 57 333 personnes, principalement des Vénézuéliens, et 68 321 demandes ont été résolues défavorablement, la majorité (30 073) émanant de Colombiens, suivis de 12 079 du Pérou.
Ces milliers de personnes, dont 12 311 mineurs de moins de 18 ans, qui se sont vu refuser une protection internationale, sont celles qui sont concernées par la réforme réglementaire et sont confrontées à une situation « très complexe », selon le Médiateur.
« Il ne semble pas non plus réaliste de soutenir, dans le contexte espagnol, que la gestion de la protection internationale et les décisions adoptées pour résoudre la situation créée n'affectent pas la gestion de l'immigration », souligne-t-il.
L'institution souligne que les retards administratifs font que, lorsqu'un refus survient finalement, les personnes concernées ont déjà développé de « fortes racines » en Espagne, mais se retrouvent sans moyens immédiats de régularisation.
A partir de ce moment, explique l'institution, « ils sont contraints de rester en situation irrégulière pendant deux ans, avec pour conséquence une précarité de leurs droits ». La situation ajoute qu'elle est « particulièrement grave » pour les mineurs, qui « voient leur processus d'intégration en Espagne interrompu en tombant dans l'irrégularité qui se produit avec leurs parents ».
