Le Parlement européen approuve l'idée de lier les avantages tarifaires aux pays en développement pour coopérer sur les questions de migration
BRUXELLES, 28 avril () –
Ce mardi, la séance plénière du Parlement européen a donné son feu vert à la réforme qui conditionnera la coopération en matière de contrôle de l'immigration et de réadmission des migrants expulsés des pays en développement à l'accès aux préférences commerciales que l'Union européenne offre à ces pays vulnérables afin qu'ils puissent exporter vers le marché commun avec des droits de douane très bas ou nuls.
La révision du Système de Préférences Généralisées (SPG) a été convenue en décembre dernier entre les négociateurs du Parlement européen et du Conseil (gouvernements), mais était encore en attente de ce vote et de la prochaine validation formelle par les Vingt-Sept pour son entrée en vigueur et son application pour une durée de dix ans.
Concrètement, le nouveau cadre permettra de retirer ces avantages tarifaires à un pays spécifique « s'il ne coopère pas avec l'Union européenne pour la réadmission de ses ressortissants » ; même si ce sera la Commission européenne qui devra « superviser » le respect des nouvelles obligations et qui aura le pouvoir d'agir par des mesures de rétorsion.
Lors des négociations, les députés ont réussi à introduire des « critères plus stricts » pour activer cette conditionnalité, par exemple qu'une procédure d'évaluation contraignante doit être engagée avec le pays tiers « d'au moins douze mois » avant de prendre toute mesure.
En outre, une période de transition de deux ans est prévue à compter de l'entrée en vigueur de la réforme du SPG avant que la « conditionnalité de réadmission » ne soit applicable aux pays les moins avancés.
La réforme intègre également plusieurs conventions internationales relatives aux droits de l'homme et à l'environnement à la liste des traités internationaux que les pays participants doivent ratifier pour bénéficier de préférences commerciales ; notamment l’Accord de Paris sur le climat, la Convention relative aux droits des personnes handicapées et la Convention relative aux droits de l’enfant.
UNE NOUVELLE SAUVEGARDE POUR PROTÉGER LE RIZ DE L’UE
Le nouveau cadre de préférences commerciales comprend d'autres modifications telles qu'une sauvegarde spécifique pour les importations de riz vers l'Union européenne. Il s'agit d'un mécanisme spécifique à ce secteur considéré comme « sensible » pour les producteurs européens, qui sera activé automatiquement en cas de dépassement du seuil d'importation fixé pour un certain pays tiers exportateur.
De cette manière, des contingents tarifaires sont établis pour le riz et, en cas d'augmentation « significative » des importations de cet aliment au-dessus de la moyenne historique de l'UE, un tarif de la nation la plus favorisée sera appliqué pendant une certaine période afin d'atténuer le risque de « graves perturbations sur le marché européen du riz ». L'accord précise également que ce type de mécanisme automatique ne devrait pas être appliqué à d'autres produits agricoles que le riz.
En outre, l'accord délimite également des mesures de sauvegarde spécifiques sur les importations de textiles et d'éthanol pour les pays SPG et SPG+, mais elles ne s'appliqueront pas aux pays classés dans la catégorie « Tout sauf les armes » (EBA), qui comprend les pays les moins avancés.
En fait, les sauvegardes prévues pour les groupes SPG et SPG+ ne s'appliqueraient que si la valeur de ces importations en provenance du pays concerné dépassait 6 % de la valeur totale des importations de l'UE du produit concerné et 47 % des importations de tous les bénéficiaires du SPG.
