Le Parlement européen donne son feu vert à l'assouplissement des règles sur les pays sûrs pour accélérer les expulsions
BRUXELLES, 10 février ( ) –
Ce mardi, la séance plénière du Parlement européen a donné son feu vert à la réforme qui assouplit les règles sur les pays tiers sûrs et les conditions de retour pour accélérer les expulsions des demandeurs d'asile qui se voient refuser l'accueil, par exemple en ne rendant plus obligatoire la « connexion » entre le migrant et le pays vers lequel il est renvoyé ou en validant des accords bilatéraux pour externaliser l'accueil, comme l'Italie a tenté avec l'Albanie.
La réforme, qui s'est déroulée malgré le rejet par l'Espagne des changements parce qu'ils mettaient en doute leur efficacité et leur compatibilité avec le respect des droits de l'homme, a été adoptée à Strasbourg (France) avec le vote de 396 députés européens, 226 contre et 30 abstentions.
Le Parlement européen a également validé une deuxième réforme promue en parallèle pour créer la première liste européenne de « pays d'origine sûrs », dans le but d'accélérer les retours de migrants qui verraient probablement leur demande d'asile dans l'UE rejetée parce que le bloc estime que les pays en question sont suffisamment sûrs pour ses ressortissants.
Une fois la règle entrée en vigueur, il appartiendra au demandeur d’asile de démontrer que cette disposition ne devrait pas s’appliquer à lui en raison d’une crainte fondée de persécution ou du risque de préjudice grave s’il est renvoyé dans son pays.
La liste sera dynamique et comprend déjà la Colombie, le Bangladesh, l'Egypte, l'Inde, le Kosovo, le Maroc et la Tunisie, en plus, « en principe », de tous les pays candidats à l'adhésion, comme la Turquie. Cette réforme a été approuvée en séance plénière par 408 voix pour, 184 contre et 60 abstentions.
Dans le cas des pays candidats, ils seront exclus de la liste dans des circonstances spécifiques, par exemple s'il y a des violences aveugles dans le contexte d'un conflit armé, s'ils ont un taux de reconnaissance de l'asile pour leurs ressortissants dans l'UE supérieur à 20 % ou s'il y a des sanctions économiques en raison d'actions qui affectent les droits et libertés fondamentaux.
En outre, la Commission surveillera la situation dans les pays de la liste et dans les pays candidats et réagira si les circonstances changent, afin de pouvoir moduler les changements, depuis une suspension temporaire jusqu'à proposer une radiation définitive de la liste. Quoi qu’il en soit, les gouvernements continueront à pouvoir désigner d’autres pays d’origine sûrs au niveau national.
