Léon XIV visite l'Espagne avec la migration comme priorité aux îles Canaries en pleine régularisation extraordinaire

Léon XIV visite l'Espagne avec la migration comme priorité aux îles Canaries en pleine régularisation extraordinaire

MADRID, 4 juin ( ) –

Le pape Léon XIV arrivera ce samedi 6 juin en Espagne avec son message pour la défense de la dignité des migrants comme priorité, notamment lors de sa visite aux îles Canaries, au moment où le pays mène justement un processus extraordinaire de régularisation des migrants.

La défense des migrants s'est consolidée comme l'une des principales lignes d'action de Léon XIV depuis le début de son pontificat. Le Pape a insisté à plusieurs reprises sur le fait que la dignité humaine doit primer dans tout débat sur la migration et a appelé à ce que l'accent soit mis sur les personnes contraintes de quitter leur pays en raison de la guerre, de la pauvreté ou des persécutions.

« Chacun de nous, au cours de sa vie, peut se retrouver en bonne santé ou malade, employé ou chômeur, dans sa patrie ou dans un pays étranger. Mais sa dignité est toujours la même, celle d'une créature chère et aimée de Dieu », a-t-il souligné l'année dernière lors d'une de ses audiences.

La question migratoire occupe également une place importante dans l'agenda du Pape en Espagne, où ses rencontres avec les migrants et les organisations d'accueil renforceront une image de proximité envers ceux qui empruntent des itinéraires marqués par l'incertitude et le risque.

La visite de Léon XIV en Espagne débutera ce samedi avec les événements prévus à Madrid, qui se dérouleront jusqu'au lundi 9, date à laquelle il commencera son voyage à Barcelone. Après son séjour à Barcelone, il se rendra aux îles Canaries pour se familiariser avec la réalité de l'immigration.

Le Pontife tiendra jeudi 11 juin une réunion avec les migrants, les travailleurs et les bénévoles qui s'occupent d'eux au quai d'Arguineguín (Grande Canarie), un événement auquel participera également le président du gouvernement, Pedro Sánchez.

Le dernier jour de son séjour en Espagne, Léon XIV visitera le centre d'accueil de « Las Raíces », à Tenerife. Le Pontife tiendra une rencontre avec les migrants, un petit entretien pour lequel ils se préparent déjà avec des cours d'espagnol et « l'excitation » d'être confrontés à une visite « historique ».

Le programme du voyage du Pape à Tenerife, après sa visite à Gran Canaria, comprendra également une rencontre avec des entités liées à l'intégration des migrants à La Laguna, une promenade dans les rues de la municipalité de La Laguna, une promenade en papamobile à Santa Cruz de Tenerife et une messe dans le port de la capitale.

Quant à la messe, trois canots seront ancrés ou à côté de l'autel. « Nous gérons, sûrement demain, si ce n'est pas possible, ancrés, mais espérons-le, autour de l'autel et cette présence, ancrée est l'idée, qu'il y ait trois cayucos, qu'il y ait trois cayucos de ceux qui sont arrivés aux Canaries, qu'ils soient une présence significative et silencieuse de cette réalité », a expliqué récemment le coordinateur du Comité local de Tenerife, Antonio Pérez, par appel vidéo lors d'une conférence de presse à la Conférence épiscopale espagnole (CEE).

Dans ce sens, l'évêque des Îles Canaries, José Mazuelos, a récemment averti, lors d'une rencontre avec les médias à Madrid, que la route de l'Atlantique est « mortelle » et, dans ce contexte, a exprimé le souhait que la visite du Pape dans les îles « fasse la lumière » pour « mettre fin » à cette route ainsi qu'à « celle vers le Sahara » où il y a aussi « tant de morts ».

« Voyons si cette humanité apparaît, voyons comment arrêter cela. Et ce n'est pas un problème du gouvernement des Îles Canaries, ni de l'Église des Îles Canaries, mais un problème au niveau mondial, de toute l'Europe et de toute l'Espagne », a-t-il souligné. Dans le même temps, il a indiqué qu'il faudrait « mettre de nombreuses personnes » dans une pirogue pendant cinq jours sans manger » pour qu'elles puissent se mettre à la place des migrants et accompagner leur accueil.

La visite du Pontife en Espagne, accompagnée de son message de respect pour les migrants, interviendra au moment où des milliers d'étrangers demandent la régularisation extraordinaire approuvée par le Gouvernement. Le processus a débuté le 16 avril et se terminera le 30 juin et l'Exécutif espère qu'environ 500 000 personnes pourront en bénéficier.

MOMENT DE CRITIQUE DE LA RÉGULARISATION

Il s'agit d'une mesure critiquée par certains secteurs, qui accusent le gouvernement de vouloir modifier le recensement avec elle, d'avoir une politique d' »effet d'appel » ou d' »effondrement » des services publics. C'est le cas de la Communauté de Madrid, de Vox et d'associations comme Hazte Oír, qui ont demandé à la Cour suprême d'arrêter le processus.

La critique de la régularisation a cédé la place à la « priorité nationale », convenue par le PP et Vox dans leurs pactes d'autonomie de Castille-et-León, d'Estrémadure et d'Aragon. Le concept vise à exiger que l'accès à toutes les aides, subventions et avantages publics s'inspire de ceux-ci et recherche « une allocation prioritaire à ceux qui maintiennent un enracinement réel, durable et vérifiable avec le territoire ».

À cet égard, le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a averti en mai, lors du 27e Congrès de la Jeunesse socialiste d'Espagne (JSE), que « ce qu'ils appellent priorité nationale, ou dans ce cas-ci suprématie de la race blanche, n'est pas du bon sens, c'est de la xénophobie ».

En mai également, Sánchez, après sa rencontre de 45 minutes au Vatican avec Léon XIV, a souligné son « harmonie absolue » avec le Pape sur la migration et sa « sensibilité particulière » sur cette question.

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