L'évêque de Huelva demande de « garantir » des « conditions de travail équitables » et leurs « droits » aux travailleurs immigrés
HUELVA, 12 mars () –
L'évêque de Huelva, Santiago Gómez Sierra, a rendu publique une lettre pastorale intitulée « Immigration à Huelva : accueillir avec cœur et préserver son identité », à l'occasion du temps liturgique du Carême, dans laquelle, face à cette « réalité », il rappelle que les institutions publiques, les entreprises et les familles patronales « partagent la responsabilité de garantir des conditions de travail équitables aux travailleurs immigrés », en évitant « toute forme d'exploitation et en respectant pleinement les droits reconnus par la législation en vigueur ».
Comme l'indique l'Evêché dans une note, cette lettre s'adresse tant à la communauté chrétienne qu'à la société dans son ensemble, et l'évêque y réfléchit sur les « défis » posés par les flux migratoires actuels. Dans le document, le prélat aborde « comment vivre la dimension universelle de l'amour et de la solidarité chrétienne » dans un contexte marqué par « la mobilité croissante des personnes » et la présence « croissante » d'une population étrangère dans la province.
Selon les données citées dans la lettre, « environ 70.000 immigrés résident dans la province de Huelva », ce qui représente environ 13% de la population totale, un pourcentage qui « dans certaines communes atteint près de 35% ». À cela, souligne-t-il, s'ajoutent « environ 17 000 travailleurs arrivés dans le cadre de la campagne en cours » de fraises et de fruits rouges grâce au système d'embauche d'origine, un mécanisme qui facilite une migration légale, « ordonnée et sûre ».
Le diocèse souligne qu'à travers le Secrétariat diocésain pour les migrations, en collaboration avec la Cáritas Diocesana de Huelva et la paroisse Cáritas, il développe diverses initiatives visant à « accueillir, protéger, promouvoir et intégrer » les personnes qui arrivent dans la province.
Dans sa réflexion, Gómez Sierra place la « dignité » de la personne humaine comme le « fondement » de « toute approche de l'immigration », soulignant que cette dignité « exige respect et protection indépendamment de l'origine, de la culture ou de la condition sociale de chaque personne ». Dans le même temps, la lettre souligne que le respect de la dignité humaine implique également « la reconnaissance de l'identité culturelle des peuples ».
En ce sens, l'évêque affirme que l'ouverture de solidarité envers ceux qui arrivent « doit s'accompagner du soin et de l'appréciation de sa propre culture et de l'héritage spirituel et moral de la société d'accueil ». Le document reconnaît également que les processus d'intégration « ne sont pas toujours simples », surtout lorsqu'il existe des différences culturelles, religieuses ou sociales « significatives » ou lorsque la population immigrée est concentrée « dans les zones les plus pauvres et marginales des villes et des villages », une situation qui, selon lui, suscite « une inquiétude croissante dans une grande partie de la société ».
Dans ce contexte, l'évêque souligne la nécessité « d'aborder avec sérénité » le débat sur « les limites de la capacité d'accueil des sociétés d'accueil ». A cet effet, il rappelle « l'enseignement du Catéchisme de l'Eglise catholique », qui « reconnaît à la fois le devoir des nations les plus prospères d'accueillir ceux qui recherchent de meilleures conditions de vie et le droit des Etats de réguler les flux migratoires en tenant compte du bien commun ».
Gómez Sierra souligne également qu'une intégration « authentique » nécessite des « responsabilités partagées ». « D'un côté, les sociétés d'accueil doivent protéger la dignité et les droits des immigrés et promouvoir leur intégration ; de l'autre, ceux qui arrivent doivent respecter les lois du pays qui les accueille, valoriser leur patrimoine culturel et contribuer au bien commun à travers leur travail et leur participation sociale », souligne-t-il.
La lettre aborde également le soi-disant « droit de ne pas émigrer », rappelé par Benoît XVI, et fait écho aux exhortations des évêques africains qui encouragent les jeunes « à ne pas abandonner leur pays ». Ce principe, affirme le document, implique de « promouvoir le développement et les opportunités dans les lieux d'origine pour éviter les migrations forcées par nécessité ». La lettre pastorale se termine par une « invitation aux chrétiens et à l'ensemble de la société » à affronter les « défis » de l'immigration avec « charité, vérité et justice ».
