L'Intérieur analyse la décision de la Cour suprême qui oppose son veto au retour des migrants secourus en mer
CEUTA 14 juillet () –
Le délégué du gouvernement à Ceuta, Miguel Ángel Pérez Triano, a annoncé ce mardi que le ministère de l'Intérieur « analyse » le récent arrêt de la Chambre d'appel de la Cour suprême qui interdit le retour à la frontière des migrants secourus en mer.
« C'est une phrase qui a été prononcée il y a quelques jours et nous sommes en train de l'analyser. C'est le Ministère de l'Intérieur qui réalise l'analyse correspondante, car il s'agit d'une phrase d'une grande importance technique », a reconnu Triano lors d'une comparution offerte ce mardi au siège de la Délégation.
« Une fois cette analyse réalisée, nous étudierons les solutions pertinentes et les solutions créées par le ministère de l'Intérieur qui sont meilleures pour tout le monde », a-t-il poursuivi.
Le représentant du gouvernement a évité de commenter les avertissements émis par les organisations professionnelles des forces et corps de sécurité, comme l'Association unifiée des gardes civils (AUGC) ou le Syndicat unifié de la police (SUP), qui considèrent que la décision judiciaire pourrait favoriser un « effet d'appel » et accroître la pression migratoire aux frontières de Ceuta et Melilla.
Pérez Triano s'est limité à souligner que l'Exécutif maintient le renforcement des dispositifs de surveillance des frontières. « Tous les moyens dont nous disposons sont utilisés, le Service Maritime de la Garde Civile est renforcé, tant avec des moyens matériels et bientôt aussi humains, et la frontière est parfaitement sécurisée et nous allons continuer à travailler dans ce sens », a-t-il déclaré.
L'ALERTE SUP
Le Syndicat unifié de la police (SUP) a mis en garde mardi dans un communiqué contre « l'impact direct et déstabilisant » que, selon lui, le jugement aura sur le travail de la police aux frontières de Ceuta et Melilla.
L'organisation soutient que la résolution exige qu'une procédure de retour ordinaire soit effectuée pour chaque migrant intercepté ou secouru en mer, ce qui élimine la possibilité de procéder à des refus immédiats à la frontière et implique une augmentation des procédures administratives, des processus d'identification, d'assistance juridique et d'interprètes et de vérification d'éventuelles demandes de protection internationale.
Selon le syndicat, cette charge retombera sur les Brigades de l'Immigration et des Frontières qui « supportent déjà une pression sanitaire bien supérieure à leur capacité réelle », c'est pourquoi elles exigent un renforcement des troupes et des moyens pour éviter la saturation des services de police.
Par ailleurs, le SUP considère qu'il est « essentiel » d'évaluer le message que la nouvelle situation juridique peut transmettre aux réseaux dédiés à l'immigration irrégulière. Selon lui, les organisations criminelles adaptent leurs itinéraires lorsqu'elles détectent que les procédures de retour sont plus lentes ou plus complexes, c'est pourquoi il craint que la condamnation ne se traduise par une augmentation des départs vers les frontières espagnoles si elle n'est pas accompagnée d'un renforcement opérationnel suffisant.
