L’UE accepte de conditionner les préférences commerciales accordées aux pays en développement à la réadmission des migrants
BRUXELLES, 2 décembre ( ) –
Les négociateurs du Conseil (gouvernements) et du Parlement européen sont parvenus à un accord pour conditionner les préférences commerciales qui permettent aux pays en développement d'exporter vers l'Union européenne avec des droits de douane très faibles ou nuls à leur coopération en matière de contrôle migratoire et de réadmission des rapatriés à partir du 1er janvier 2027.
Les colégislateurs ont interrompu les négociations en 2023 en raison du refus des députés européens de lier migration et commerce avec les pays en développement, mais l'accord avec le nouveau Parlement a été obtenu après avoir inclus des « critères plus stricts » pour activer la « conditionnalité de réadmission » proposée par la Commission européenne pour cette réforme.
Ainsi, la révision du Système de Préférences Généralisées (SPG) permettra de retirer ces avantages tarifaires à un pays spécifique « s'il ne coopère pas avec l'Union européenne pour la réadmission de ses ressortissants », comme l'a indiqué le Conseil dans un communiqué publié après l'accord.
Ce sera la Commission européenne qui sera chargée de « superviser » le respect des obligations de réadmission et qui aura le pouvoir d'agir, même si elle devra informer de manière transparente le Parlement et le Conseil des décisions prises.
Le Parlement européen, de son côté, a souligné que des « critères plus stricts » ont été introduits à son initiative pour activer cette conditionnalité, par exemple qu'une procédure d'évaluation contraignante doit être engagée avec le pays tiers « d'au moins douze mois » avant de prendre toute mesure.
En outre, une période de transition de deux ans est prévue à compter de l'entrée en vigueur de la réforme du SPG avant que la « conditionnalité de réadmission » ne soit applicable aux pays les moins avancés.
La révision du cadre commercial avec les pays en développement renforcera également les exigences en matière de droits de l'homme et d'environnement, en plus de permettre un meilleur encadrement et une meilleure transparence du programme, comme l'indique le Conseil.
Pour ce faire, par exemple, la liste des conventions internationales sur les droits de l'homme, l'environnement et les conditions de travail qui doivent être respectées par les participants au programme est allongée et une procédure d'urgence est créée pour le retrait rapide des préférences en cas de violation des principes de ces conventions.
UNE NOUVELLE SAUVEGARDE POUR PROTÉGER LE RIZ DE L’UE
Le nouveau cadre de préférences commerciales – qui nécessite encore l'approbation formelle des Vingt-Sept et de la session plénière du Parlement européen pour être adopté – comprend d'autres modifications comme une sauvegarde spécifique pour les importations de riz vers l'Union européenne.
Il s'agit d'un mécanisme spécifique à ce secteur considéré comme « sensible » pour les producteurs européens, qui sera activé automatiquement en cas de dépassement du seuil d'importation fixé pour un certain pays tiers exportateur.
De cette manière, des contingents tarifaires sont établis pour le riz et, en cas d'augmentation « significative » des importations de cet aliment au-dessus de la moyenne historique de l'UE, un tarif de la nation la plus favorisée sera appliqué pendant une certaine période afin d'atténuer le risque de « graves perturbations sur le marché européen du riz ». L'accord précise que ce type de mécanisme automatique ne devrait pas être appliqué à d'autres produits agricoles que le riz.
En outre, l'accord délimite également des mesures de sauvegarde spécifiques sur les importations de textiles et d'éthanol pour les pays SPG et SPG+, mais elles ne s'appliqueront pas aux pays classés dans la catégorie « Tout sauf les armes » (EBA), qui comprend les pays les moins avancés.
En fait, les sauvegardes prévues pour les groupes SPG et SPG+ ne s'appliqueraient que si la valeur de ces importations en provenance du pays concerné dépassait 6 % de la valeur totale des importations de l'UE du produit concerné et 47 % des importations de tous les bénéficiaires du SPG.
La revue préconise également d'établir des « délais clairs » pour l'évaluation que l'Exécutif communautaire doit effectuer à travers un mécanisme de surveillance spécial en cas d'augmentation « soudaine » des importations. Le mécanisme spécial de surveillance a également été renforcé afin que l'UE puisse intervenir lorsque les importations de produits agricoles génèrent des perturbations sur le marché communautaire.
