Plusieurs CCAA du PP feront appel de la régularisation des migrants de Sánchez, qui craignent que cela affecte les services publics

Plusieurs CCAA du PP feront appel de la régularisation des migrants de Sánchez, qui craignent que cela affecte les services publics

MADRID, 14 avril () –

Plusieurs communautés gouvernées par le PP, comme Madrid, les Îles Baléares, Aragon, Murcie et la Communauté valencienne, envisagent de porter en justice la régularisation des migrants que le Conseil des ministres a approuvée mardi, car, à leur avis, elle pourrait avoir un impact négatif sur la fourniture de services publics, provoquant « une plus grande saturation du système ». Dans le cas des gouvernements de Madrid et des Îles Baléares, ils ont déjà annoncé qu'ils demanderaient à la Cour suprême une suspension préventive de cette régularisation.

Concrètement, le Conseil des ministres a approuvé ce mardi l'arrêté royal pour le processus extraordinaire de régularisation des migrants, qui sera publié ce mercredi au BOE et entrera en vigueur ce jeudi. Pour ce faire, l'Exécutif va incorporer 550 professionnels supplémentaires répartis dans 450 bureaux à travers l'Espagne.

Le Gouvernement estime que 250.000 demandeurs d'asile et 250.000 personnes en situation irrégulière bénéficieront de la régularisation extraordinaire, et ce grâce à leurs racines, selon des sources du ministère de l'Inclusion, de la Sécurité sociale et de la Migration. Les Latino-Américains et les Marocains en seront les principaux bénéficiaires.

De la part de la CCAA du PP, ils expriment depuis des mois leur rejet de ce processus de régularisation. En effet, après avoir pris connaissance du texte convenu entre le gouvernement et Podemos, ils ont déjà présenté leurs allégations contre cette procédure et exigé le retrait du décret, mettant en garde contre ses effets négatifs. Ainsi, ils ont ensuite souligné que cela pourrait encourager les mafias ou affecter la fourniture de services publics assurés par la CCAA et les municipalités.

AYUSO, LE PREMIER À ANNONCER QUE LA RÉGULARISATION SERA RETOURNÉE

La présidente de la Communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, a été la première à annoncer il y a cinq jours qu'elle ferait appel de cet arrêté royal de régularisation extraordinaire des étrangers. « Je suis contre le tourisme de santé et je suis contre l'intention du gouvernement Sánchez de détruire les services publics », a-t-il lancé jeudi dernier lors de la séance plénière de l'Assemblée de Madrid.

Ayuso a accusé Sánchez d'avoir tenté de régulariser les migrants « sans contrôle ». « J'insiste sur le fait que son seul objectif est de faire fondre le système de santé dans la Communauté de Madrid, de fondre, de supprimer les services publics (…) », a-t-il ajouté. Dans son appel, le gouvernement de Madrid demandera la suspension provisoire de cette mesure, comme l'a confirmé ce mardi.

Le gouvernement des Baléares fera également appel à la Cour suprême et demandera la suspension provisoire de l'arrêté royal approuvé ce mardi par le Conseil des ministres, selon des sources de l'exécutif régional dirigé par Marga Prohens.

Selon ce qu'ils ont ajouté, ils attendent la publication du texte au BOE pour connaître la formulation définitive, après quoi le parquet de la communauté l'étudiera pour évaluer les voies à suivre. Ce mardi, la ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social des Îles Baléares, Catalina Cabrer, a souligné que le gouvernement croit en une régularisation extraordinaire « en respectant la législation en vigueur et sans effet d'appel ».

UN PROCESSUS « DE L'ARRIÈRE » À LA LACC

De son côté, le Gouvernement d'Aragon a exprimé son rejet catégorique de cet arrêté royal de régularisation et a avancé qu'une fois publié au BOE, il proposerait « toutes les actions judiciaires et politiques possibles » pour s'opposer à cette procédure.

L'Exécutif aragonais a soutenu que cette régularisation a été conçue « dans le dos » des Communautés autonomes et « contre les recommandations et les avertissements de diverses organisations », comme le Conseil d'État et la Commission européenne.

MURCIA N'EXCLU PAS DE FAIRE APPEL DU DÉCRET DEVANT LA JUSTICE

Le président de la Région de Murcie, Fernando López Miras, a annoncé que son exécutif étudierait « tous les aspects » de la régularisation massive des migrants, sans exclure la possibilité de faire appel aux tribunaux car, comme il l'a dit, elle « affecte » toutes les communautés autonomes.

Dans des déclarations aux journalistes avant de participer au Forum « Réveillez-vous » de « El Español » à Madrid, López Miras s'est plaint de « qu'ils n'ont pas consulté » les exécutifs régionaux. « La décision du gouvernement entraînera une plus grande saturation du système public, des services publics », a-t-il prévenu, avertissant qu'elle pourrait générer « un effondrement » et une « saturation » des services publics.

Le président de la Xunta de Galicia, Alfonso Rueda, s'est exprimé dans des termes similaires, accusant l'exécutif de Pedro Sánchez de « ne pas écouter » les allégations des autonomies. En outre, il s'est montré en désaccord avec le système choisi par le gouvernement pour approuver le décret de régularisation massive des migrants.

FEIJÓO VOIT LA RÉGULARISATION « INHUMAINE, DANGEREUSE ET NON DURABLE »

Le PP d'Alberto Núñez Feijóo a également évoqué la possibilité de faire appel aux tribunaux pour cette régularisation. « Il n'y aura aucun instrument politique, parlementaire ou juridique au niveau national ou européen que mon parti n'utilisera pas pour dénoncer cette atrocité », a déclaré lundi la secrétaire adjointe à la coordination sectorielle du parti, Alma Ezcurra.

Ce mardi, devant ses députés et sénateurs, le leader du PP a assuré que la régularisation de « plus d'un million de migrants irréguliers » est « inhumaine », « injuste », « dangereuse » et « insoutenable », soulignant qu'elle va à l'encontre de la politique de l'Union européenne et de la « majorité des Espagnols ». Cela dit, il s'est engagé à « utiliser tous les instruments » à sa disposition « pour atténuer » les « absurdités » que, selon lui, promeut le gouvernement Sánchez.

De Vox, son secrétaire général, Ignacio Garriga, a annoncé que sa formation porterait la régularisation devant la Cour suprême et demanderait sa suspension préventive dès qu'elle serait approuvée par le Conseil des ministres. Selon lui, cette mesure constitue une autre forme de « corruption ».

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