Médecins du Monde critique "l'exclusion" des migrants de la reconnaissance du handicap en Navarre

Médecins du Monde critique « l'exclusion » des migrants de la reconnaissance du handicap en Navarre

PAMPELUNE, 4 mars () –

Des représentants de Médecins du Monde ont critiqué ce mercredi au Parlement de Navarre « l'exclusion » des migrants en situation administrative irrégulière de la procédure d'évaluation du handicap dans la Communauté Autonome.

L'ONG a souligné, lors d'une comparution devant la Commission des Droits Sociaux, de l'Économie Sociale et de l'Emploi, qu'« il existe une pratique administrative qui empêche l'accès à cette procédure aux personnes qui résident effectivement dans la Communauté Autonome parce qu'elles ne disposent pas de permis de séjour ».

Médecins du Monde indique avoir accompagné depuis 2020 plusieurs personnes, dont certains mineurs, qui se sont vu refuser l'accès à la procédure d'évaluation du handicap « en raison de leur situation administrative ».

L'organisation a expliqué avoir transféré « à plusieurs reprises » ces cas à l'Administration et a estimé que « les différentes réponses proposées montrent l'absence d'un critère juridique solide et uniforme ». « Il n'existe pas de mandat réglementaire sans équivoque qui exige l'exclusion de ces personnes, puisque l'évaluation du handicap n'est pas une prestation de la Sécurité sociale, mais plutôt une action du système de protection sociale, dont la compétence correspond aux Communautés autonomes », a-t-il souligné.

En outre, il a déclaré que tous les résidents ont accès au reste des prestations garanties du système de protection sociale navarrais, « cette exception étant la seule qui soit appliquée de manière restrictive ». C'est pour cette raison que l'organisation considère que « c'est, en fin de compte, une question de volonté politique ».

Au-delà du débat juridique, Médecins du Monde a fait part aux groupes parlementaires de « l'impact réel que cette situation a sur la vie des familles enracinées en Navarre depuis des années, appartenant dans de nombreux cas déjà à des deuxièmes générations, qui ont construit ici leur projet de vie ». « Il s'agit de personnes souffrant de handicaps graves et très graves qui limitent considérablement leur autonomie et rendent difficiles, voire impossibles, les activités de base comme travailler, voyager ou accomplir les tâches quotidiennes sans soutien », a-t-il souligné.

L'ONG a déclaré que « le refus de procéder à l'évaluation du degré de handicap non seulement bloque l'accès à des ressources et à un soutien spécifiques, mais aggrave également les situations de vulnérabilité structurelle, augmente la dépendance économique et sociale des familles et approfondit la dynamique d'exclusion chez les personnes qui se trouvent déjà dans une position de fragilité particulière ».

Pour toutes ces raisons, Médicos del Mundo a exhorté l'Administration provinciale à « adopter une interprétation de garantie qui assure l'accès à la procédure d'évaluation, de reconnaissance et d'accréditation du degré de handicap à toutes les personnes résidant en Navarre, quelle que soit leur situation administrative ».

L'organisation a défendu que « protéger les droits et renforcer la protection de ceux qui se trouvent dans la situation la plus vulnérable n'est pas seulement une question juridique, mais aussi une question de cohérence institutionnelle avec le cadre réglementaire actuel et avec les principes d'égalité, de dignité et d'universalité qui doivent guider l'action publique ».

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