Le gouvernement rétablit la couverture santé pour les immigrés en situation irrégulière
MADRID, 10 mars () –
Ce mardi, le Conseil des ministres approuve le décret royal (DR) qui garantit l'accès aux soins de santé publics aux étrangers résidant en Espagne sans résidence légale, cherchant à renforcer l'universalité du système national de santé (SNS) en éliminant les barrières administratives.
La règle, proposée par le ministère de la Santé et le ministère de l'Inclusion, de la Sécurité sociale et de la Migration, vise à résoudre les situations d'application inégale et de bureaucratie du décret-loi royal 7/2018, promu par le gouvernement de Pedro Sánchez dans le but de récupérer l'accès universel limité par le décret-loi royal 16/2012, approuvé par l'exécutif du Parti populaire présidé par Mariano Rajoy.
Le nouvel arrêté royal simplifie les procédures nécessaires à la reconnaissance du droit aux soins de santé, qui s'effectuera au moyen d'une déclaration responsable. Avec ce document, le demandeur déclare qu'il ne bénéficie d'aucune autre couverture maladie, qu'il ne peut pas exporter ce droit depuis un autre pays et qu'aucun tiers n'est obligé de payer pour son assistance.
Une fois cette demande soumise, ils recevront un document provisoire avec lequel ils auront immédiatement accès aux soins de santé publics dans toutes les communautés autonomes.
En plus de la déclaration responsable, le demandeur doit prouver sa résidence en Espagne. Pour cela, l'inscription est le document privilégié, mais le processus est assoupli en acceptant d'autres moyens de preuve comme les certificats de scolarité ou l'inscription dans des centres publics ; rapports des services sociaux ou attestations d'inscription aux visites ; les factures d'électricité, de gaz, d'eau, de téléphone ou d'Internet au nom du demandeur ; et les cartes d'enregistrement ou les documents d'enregistrement consulaires.
L'Administration disposera d'un délai maximum de trois mois pour notifier la résolution et, si elle ne répond pas dans ce délai, la demande sera considérée comme approuvée pour silence administratif. Une fois le droit reconnu, le document de soins de santé n'expirera que lorsque la couverture sera obtenue par un autre moyen.
En outre, il est établi que les administrations compétentes doivent engager la procédure d'office lorsque l'intéressé ne peut pas le faire au premier moment. Des mesures de soutien et des formats faciles à lire sont également garantis afin que les personnes handicapées puissent comprendre et signer la déclaration responsable sur un pied d'égalité.
PROTECTION PRIORITAIRE POUR LES GROUPES VULNÉRABLES
L'arrêté royal garantit un accès immédiat et effectif aux soins de santé publics pour les groupes nécessitant une protection particulière, quelle que soit leur situation administrative.
Les groupes bénéficiaires sont des mineurs ; les femmes enceintes, qui auront droit aux soins pendant la grossesse, l'accouchement et le post-partum, ainsi qu'à l'accès à l'interruption volontaire de grossesse ; et les victimes de violence sexiste, de violence sexuelle et de traite des êtres humains.
Le droit à la santé publique s’étend aux demandeurs de protection internationale ou temporaire. Pour les personnes en situation de séjour temporaire qui ont besoin d'assistance, la norme réglemente le rapport spécial d'accréditation de vulnérabilité, qui sera délivré par les services sociaux des communautés autonomes.
Par ailleurs, des mesures sont établies pour que les personnes handicapées disposent de formats accessibles et du soutien nécessaire pour mener à bien leurs démarches dans des conditions d'égalité.
ESPAGNOLS RÉSIDANT À L'ÉTRANGER
Le décret royal étend le droit aux soins de santé publics aux personnes d'origine espagnole qui vivent à l'étranger lors de leurs voyages temporaires en Espagne.
Jusqu'à présent, ce droit était limité aux retraités ou aux travailleurs et, avec le nouveau texte, il est étendu à tous les Espagnols d'origine et aux membres de leur famille, y compris les conjoints, les partenaires de fait et les descendants à charge, à condition qu'ils ne bénéficient pas de la couverture prévue par les conventions internationales ou la législation de sécurité sociale.
Pour garantir la bonne utilisation des fonds publics, le règlement établit des mécanismes de contrôle clairs sur les avantages reçus. Si la demande est refusée, les soins reçus seront facturés. Toutefois, il n'y aura pas de facturation si la personne démontre ultérieurement qu'au moment de recevoir lesdits soins, elle satisfaisait aux exigences matérielles.
Si une inexactitude ou une fausseté est détectée dans la déclaration responsable, le document provisoire deviendra immédiatement nul. Dans ces cas, l'Administration peut exiger le remboursement du montant total des prestations de santé obtenues depuis le début de la demande.
COPAIEMENT ORTHOPROSTHÉTIQUE
D’autre part, la règle introduit des changements dans le système de ticket modérateur pour les orthoprothèses, de sorte que les personnes déjà exonérées du ticket modérateur pour les services pharmaceutiques ambulatoires soient également exonérées du ticket modérateur pour les produits orthoprothétiques. Cela profitera, par exemple, aux retraités à faibles revenus, aux personnes handicapées ou aux groupes en situation de protection particulière.
Avec l'approbation de cet arrêté royal, qui entrera en vigueur au lendemain de sa publication au BOE, le Gouvernement avance dans la consolidation effective du principe d'universalité du Système National de Santé, garantissant que le droit à la protection de la santé s'exerce dans des conditions d'égalité, de cohésion territoriale et d'équité.
