Ceuta demande à la Transition écologique des « mesures urgentes » contre l'impact environnemental des installations de migrants
CEUTA 14 sept. () –
La Ville Autonome de Ceuta a demandé au Ministère de la Transition Écologique et Défi Démographique (MITECO) d'adopter des « mesures urgentes » pour faire face à l'impact environnemental généré après l'entrée massive de personnes par la frontière d'El Tarajal les 30 et 31 juillet et la consolidation ultérieure d'installations irrégulières dans différentes parties du territoire.
Le Département de l'Environnement, des Services Urbains et du Logement de la région a formalisé plusieurs demandes auprès du Ministère visant à récupérer les espaces affectés, stopper leur dégradation et garantir la protection du littoral, des montagnes, de la biodiversité et des infrastructures essentielles.
Les revendications s'appuient sur un rapport préparé par la Direction Générale de l'Environnement de la Ville, qui compile les principales conditions détectées ces dernières semaines et alerte sur l'existence de « risques environnementaux et sanitaires dans différentes zones de Ceuta ».
Parmi les zones touchées figurent différents points du littoral et des plages, ainsi que des montagnes, des espaces verts et des espaces naturels. Le document inclut l'accumulation de déchets, l'altération des habitats, les risques d'incendies et la pression sur les espèces protégées, ainsi que différents effets sur la faune et la flore.
RÉCUPÉRER LES DOMAINES MARITIMES ET TERRESTRES
La première des demandes faites au MITECO est qu'il exerce « immédiatement » ses pouvoirs pour récupérer la possession du Domaine Public Maritime-Terre (DPMT) et adopter les mesures nécessaires pour récupérer les espaces occupés.
La Ville demande spécifiquement l'expulsion définitive des établissements existants sur la plage d'El Trampolín, Benítez et du reste des zones côtières touchées. L'objectif est de « redonner à ces espaces leur état environnemental » et d'éviter qu'ils continuent à être utilisés à des fins incompatibles avec la réglementation du Littoral.
Le ministère exige également des actions sur les habitations existantes dans les montagnes de Ceuta, à travers une coordination entre les différentes administrations compétentes.
En parallèle, il propose de renforcer la surveillance et la prévention de l'environnement à travers, entre autres mesures, l'affectation à Ceuta d'un plus grand nombre de personnels du Service de Protection de la Nature (SEPRONA) de la Garde Civile.
Le but de cette mesure serait d'accroître la surveillance des espaces naturels et particulièrement des zones sensibles, de « prévenir de nouvelles occupations » et de détecter et éviter les comportements susceptibles de causer des dommages au patrimoine naturel de la ville.
ESPÈCES PROTÉGÉES
La Ville dénonce la pression que subissent certaines espèces protégées. Parmi eux se trouve la patelle Patella ferruginea, une espèce en danger d'extinction et soumise au « plus haut niveau de protection juridique ».
Le document met également en garde contre les effets sur d'autres espèces et habitats d'intérêt, comme le limonium (Limonium emarginatum), ainsi que sur les espaces utilisés par les oiseaux marins et les oiseaux hivernants.
La présence humaine continue dans certaines zones provoque, selon le rapport, des situations de dérangement et de déplacement des oiseaux, notamment dans les aires de repos et d'alimentation. Il y a également eu des épisodes de pêche incontrôlée et de capture de faune.
Le rapport mentionne d'autres espèces terrestres, dont les hérissons, dont la capture ou la manipulation représente un facteur de pression supplémentaire sur la faune.
À ces impacts s’ajoutent la génération et l’accumulation de déchets, la présence de restes organiques et la création d’incendies et de feux de joie. La Direction générale de l'Environnement prévient que ces circonstances peuvent provoquer « des changements dans les comportements de la faune », ainsi qu'une « perte ou détérioration des habitats » et des perturbations accrues pour les espèces particulièrement sensibles.
La situation pourrait également affecter, comme ils l'ont prévenu, l'avifaune marine, avec de possibles épisodes d'empoisonnement et de mortalité de spécimens, en plus d'avoir un impact sur l'équilibre des écosystèmes côtiers et terrestres.
MESURES POUR L'AVENIR
Le gouvernement de Ceuta a demandé qu'une fois la normalité rétablie, des actions spécifiques de restauration environnementale soient entreprises. A cet effet, il appelle le ministère à débloquer « les postes budgétaires nécessaires à la restauration environnementale des zones dégradées ».
La Ville souligne qu'une bonne partie des mesures demandées nécessitent l'intervention et la coordination d'autres administrations, notamment en matière d'immigration, de sécurité, d'ordre public et de protection du domaine public maritime-terrestre.
Le rapport envoyé au MITECO fait état des difficultés que rencontre l'Administration de Ceuta pour exercer pleinement ses compétences en matière d'environnement et de nettoyage alors que certains règlements persistent et qu'il n'y a pas d'intervention des organismes compétents.
Le ministère a annoncé qu'il continuera à collecter des informations et des rapports techniques sur les conditions détectées pour les transférer aux différentes directions générales du ministère en fonction de leurs domaines de compétence respectifs.
L'objectif, selon la Ville, est d'avoir « une évaluation complète des dommages », de déterminer les actions nécessaires pour les corriger et d'établir des mesures pour éviter que des situations similaires ne se reproduisent.
Le ministère souligne que le travail de la Direction générale de l'environnement s'effectue également en contact avec les entités environnementales intégrées au Conseil sectoriel de l'environnement. Cet organisme prévoit de tenir une réunion ce mois-ci pour analyser la situation environnementale actuelle à Ceuta et aborder les éventuelles actions de réponse et de rétablissement.
