La CNT dénonce Almeida pour prévarication et discrimination présumées dans le processus de régularisation des migrants
MADRID, le 12 mai. ( ) –
La Fédération Régionale Sud de Villaverde Alto de CNT et de Régularisation a déjà déposé une plainte auprès du Parquet Provincial de Madrid contre le maire de Madrid, José Luis Martínez-Almeida, et le délégué aux Politiques Sociales, Famille et Égalité, José Fernández pour prévarication et irrégularités présumées dans la gestion du processus extraordinaire de régularisation des migrants approuvé par le Gouvernement.
Le syndicat soutient que la Mairie aurait empêché « l'accès de milliers de migrants en situation administrative irrégulière aux certificats de vulnérabilité nécessaires pour procéder à leur régularisation extraordinaire avant le 30 juin prochain ».
Le document attribue aux fonctionnaires municipaux de possibles délits de refus discriminatoire de services publics, inclus dans l'article 511 du Code Pénal, et de prévarication administrative, caractérisés par l'article 404.
Outre le maire, la plainte inclut les auteurs présumés : le conseiller délégué aux politiques sociales, José Fernández Sánchez ; à la coordinatrice générale des politiques sociales, Raquel Muros Delgado ; à la directrice générale des services sociaux et de prise en charge des personnes handicapées, María Consolación Alfaro Moreno ; et la chef du Département de coordination et de programmation des soins sociaux primaires, María Pilar Benito Pecharromán.
OBJETS BUREAUCRATIQUES
Selon la plainte, les protocoles mis en œuvre par la Mairie depuis fin avril auraient introduit des « obstacles bureaucratiques supplémentaires » pour accéder aux services sociaux municipaux et obtenir le certificat de vulnérabilité nécessaire pour mener à bien le processus de régularisation.
Le CNT soutient que ces mesures ont particulièrement touché les migrants ayant des difficultés linguistiques, des problèmes d'accès au numérique ou sans ressources économiques, provoquant des retards qui pourraient exclure de nombreux candidats du processus.
Le 15 avril 2026, le gouvernement a approuvé le processus extraordinaire de régularisation des migrants par le décret royal 316/2026. Parmi les exigences établies figure l'accréditation d'une situation vulnérable par l'intermédiaire des services sociaux publics ou d'entités collaboratrices autorisées.
La plainte indique que, après l'entrée en vigueur de la règle, les centres municipaux de services sociaux de Madrid n'ont pas reçu d'instructions claires pendant plusieurs jours malgré la forte augmentation des demandes.
Par la suite, le 21 avril, les travailleurs sociaux ont reçu l'ordre d'annuler les rendez-vous précédemment organisés et de transmettre les demandes au système d'enregistrement général de la municipalité. Selon le syndicat plaignant, cette nouvelle procédure ajoutait des barrières administratives et retardait l'accès aux rapports nécessaires à la régularisation.
ALMEIDA nie avoir commis un crime
Almeida, pour sa part, a déclaré lors d'une conférence de presse à Carabanchel que, même s'il n'était pas au courant de la plainte, il était sûr que lui et le délégué Fernández n'avaient commis aucune infraction pénale et que cela « ressemble plutôt à une manœuvre de propagande de la part de la CNT ».
Il soutient cela en ne sachant même pas que la CNT s'est adressée d'une manière ou d'une autre à la Mairie de Madrid pour lui demander d'entreprendre tout type d'action en relation avec le processus de régularisation.
« C'est une règle de droit qu'ils s'adressent au Parquet, mais il est conseillé de s'adresser au Parquet, non pas pour obtenir un titre, mais lorsqu'une infraction pénale peut réellement avoir eu lieu. Et j'insiste, je suis sûr que ni le délégué ni moi n'avons commis cette infraction pénale. Donc, tranquillité d'esprit complète et absolue », a-t-il répondu aux journalistes.
L'UNION FAIT RÉFÉRENCE À CERTAINES DÉCLARATIONS D'ALMEIDA
Le document de la CNT cite également les déclarations faites par Martínez-Almeida le 16 avril après le Conseil de Gouvernement municipal. Selon la plainte, le maire a assuré publiquement que la Mairie « n'allait pas collaborer » au processus de régularisation promu par l'Exécutif central.
La CNT considère que ces manifestations traduisent « une volonté politique d'entraver la procédure » et relie ces déclarations aux protocoles ultérieurs mis en place dans les services sociaux.
La plainte souligne également que la Mairie était auparavant consciente de la situation de saturation des services sociaux municipaux. Le document collecte des données internes qui refléteraient des délais moyens allant jusqu'à 36 jours pour obtenir un rendez-vous dans les services sociaux et des délais de plus de 50 jours dans certaines municipalités comme Villaverde, Hortaleza ou San Blas-Canillejas.
Malgré cela, le syndicat soutient que la municipalité n'a pas adopté de mesures extraordinaires pour renforcer le personnel afin de faire face à l'augmentation des demandes découlant du processus de régularisation.
DILIGENCES
Le CNT demande au parquet d'ouvrir une procédure d'enquête, d'exiger les protocoles internes élaborés en avril et de recueillir les déclarations des dirigeants politiques, des travailleurs sociaux et des migrants concernés.
Parmi les procédures demandées figurent l'obligation pour la Mairie de fournir des communications internes, des données sur les rendez-vous annulés et des statistiques sur la délivrance des certificats de vulnérabilité.
De même, le syndicat demande d'enquêter sur qui a préparé et ordonné l'application des protocoles signalés et pourquoi ces documents manquaient, selon la plainte, d'une signature officielle.
