La FAPE exige que le Maroc autorise les médias publics espagnols à poursuivre leurs reportages sur Castillejos

La FAPE exige que le Maroc autorise les médias publics espagnols à poursuivre leurs reportages sur Castillejos

MADRID, 16 août ( ) –

La Fédération des associations de journalistes d'Espagne (FAPE) a condamné l'expulsion des équipes de RTVE et EFE restées dans la ville marocaine de Castillejos pour couvrir les mouvements de migrants tentant de traverser la frontière vers Ceuta et a exigé que le Maroc autorise les médias publics espagnols à continuer à couvrir la région.

La Fédération a considéré que la décision du gouvernement du Maroc représente « une attaque contre la liberté d'information », reconnue comme un droit dans l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et a exprimé son soutien au travail de ces médias, déployés pour rendre compte de la crise migratoire et a encouragé ces journalistes et le reste des médias à continuer d'informer afin que « la société espagnole et internationale » sache ce qui se passe.

La FAPE a également accepté le communiqué publié par l'APM, dans lequel cette association exhorte « le gouvernement espagnol à exprimer de manière claire, devant les autorités marocaines, son malaise face à ce qui s'est passé et à exiger de leur part un engagement ferme pour que ce comportement ne se reproduise dans aucun média ».

Dans le même esprit, l'APM a réitéré qu'elle partage les plaintes déposées par RTVE et EFE et a qualifié ce qui s'est passé d'attaque contre le libre exercice du journalisme, tout en appelant l'Exécutif espagnol à transmettre aux autorités marocaines son rejet de l'expulsion des deux équipes.

Selon les plaintes rapportées par RTVE et EFE, les journalistes expulsés couvraient les incidents qui se déroulaient à Castillejos, à la frontière marocaine avec l'Espagne, tandis que les forces de sécurité marocaines tentaient d'empêcher une nouvelle avalanche de migrants vers Ceuta.

En ce sens, la FAPE a partagé les plaintes formulées par les dirigeants de RTVE et de l'Agence EFE sur ce qu'ils considèrent comme « une attaque claire contre le libre exercice de la profession journalistique ».

LE GOUVERNEMENT « DÉFEND » LA LIBERTÉ DE LA PRESSE « PARTOUT DANS LE MONDE »

Le gouvernement a défendu ce samedi que « la liberté de la presse » est protégée « à tout moment et partout dans le monde » et a indiqué être en contact avec les autorités marocaines après l'expulsion d'une équipe de journalistes.

Des sources de la Moncloa ont indiqué que l'ambassade d'Espagne à Rabat « est en contact permanent avec les journalistes concernés et avec les autorités marocaines » et qu'une solution est « recherchée » à l'incident.

La réponse de l'Exécutif intervient après que la Société de Radio et Télévision Espagnole (RTVE) a exprimé son « rejet le plus énergique » de la décision des autorités marocaines de forcer l'équipe de presse qui se trouvait dans la zone couvrant les mouvements et la situation sociale autour de la frontière avec Ceuta à quitter Castillejos.

Comme l'explique la Corporation publique, l'ordre a été communiqué verbalement sous le seul argument du « respect des instructions » et a été exécuté « sans aucune explication formelle ».

Le président de RTVE, José Pablo López, a qualifié ce qui s'est passé d' »obstacle extrêmement grave à la liberté de la presse et au droit à l'information » et a exigé des autorités marocaines « des garanties complètes et un respect maximum » pour que les journalistes puissent exercer leur profession « en toute liberté » dans l'environnement frontalier.

De son côté, le média marocain 'Hespress' a indiqué ce samedi, citant ses propres sources, que l'incident s'inscrit dans « un contexte différent » de celui exposé par RTVE et a soutenu qu'il s'agissait d'une « mesure réciproque » après qu'une équipe journalistique de la chaîne marocaine 2M n'ait pas été autorisée à entrer à Ceuta pour couvrir l'actualité de la ville autonome.

A lire également