Le SJM demande à l'Intérieur de faciliter la régularisation des 200 migrants détenus en CIE comme il l'a fait dans les prisons
MADRID, le 1er mai. () –
Le Service Jésuite des Migrants (SJM) a demandé au Ministère de l'Intérieur d'informer et de faciliter la procédure extraordinaire de régularisation des 212 migrants actuellement détenus dans les sept Centres d'Internement pour Étrangers (CIE) actifs en Espagne, tout comme il l'a fait dans les prisons.
De même, ils expliquent ne pas avoir connaissance qu'une communication spécifique et organisée ait été déployée dans les centres pour informer les personnes hospitalisées sur la possibilité de bénéficier de l'intervention.
Cette situation, comme il le défend, contraste avec les pratiques appliquées dans le milieu pénitentiaire, où le ministère de l'Intérieur a fourni des informations pour garantir que les personnes privées de liberté étaient conscientes de l'existence du processus extraordinaire. Bien que le décret royal établisse comme condition pour accéder à la régularisation que les migrants n'aient pas de casier judiciaire, l'Exécutif défend que le droit des migrants en détention préventive qui n'ont pas de casier judiciaire doit être préservé, que leur demande soit acceptée ou non ultérieurement pour traitement.
Lendrino indique que « c'est un geste qui manque » du gouvernement de la CIE, car les personnes internées « sont des étrangers, privés de liberté ». « La plupart des personnes qui sont en CIE pour séjour irrégulier répondent au profil et il ne faut pas tenir pour acquis qu'il y a des personnes qui peuvent avoir un casier judiciaire, il ne faut pas tenir pour acquis que les personnes en CIE ne pourront pas postuler », souligne-t-il.
Selon lui, « il manque » que l'Intérieur prenne des « mesures spécifiques » au sein de la CIE « pour que toutes les personnes soient informées de l'existence d'une régularisation ». « Évidemment, les migrants le savent, mais il est de la responsabilité du tuteur, de la personne privée de liberté en CIE, d'informer les personnes que cette procédure est en cours et d'en faciliter l'accès en créant des espaces avec des professionnels désignés par l'Administration pour examiner le profil de ceux qui veulent postuler, faciliter l'accès à tout ce que la demande implique, recueillir les documents qui justifient leurs racines, demander l'annulation des pénalités si c'est le cas, car la simple demande ne paralyse pas l'expulsion », affirme-t-il.
De la même manière, Lendrino précise que les personnes détenues en CIE « peuvent à tout moment être expulsées » vers leur pays, c'est pourquoi il assure qu'il est « très important » que « le plus tôt possible » l'Intérieur génère une « politique spécifique » pour informer les migrants, puisque le processus de présentation de la demande de régularisation se terminera le 30 juin.
« QUESTION DE VOLONTÉ »
« Il n'y a pas beaucoup de personnes qui ont besoin d'être guidées et de faciliter l'accès à la procédure. C'est une question de volonté, de faire en sorte que dans tous les CIE, les professionnels qui sont à l'intérieur, tant de l'Intérieur que des entités qui assurent l'assistance sociale interne, et non les ONG que nous visitons, prennent la responsabilité de faire en sorte que les gens soient au courant de la régularisation et de faciliter l'accès à la procédure », souligne-t-il.
Il explique également que ces personnes « ne pourront pas se rendre à la Poste pour présenter le rapport, car elles n'auront pas le temps de rassembler toutes les informations, car elles ne pourront pas gérer beaucoup de démarches ». C'est pourquoi il fait appel à la « responsabilité » pour informer et permettre des « processus agiles », dans le but que « les cas puissent être examinés et faciliter leur accès à ce droit ».
En outre, ils précisent que c'est le juge qui est chargé d'entendre les demandes et plaintes formulées par les détenus dans la mesure où elles affectent leurs droits fondamentaux et de visiter les centres lorsqu'il a connaissance d'un manquement grave ou l'estime opportun.
Dans ce sens, ils précisent que la durée maximale de détention est de 60 jours, sans qu'une nouvelle détention puisse être convenue pour aucune des causes prévues dans le même dossier.
Ils rappellent enfin que les étrangers ont le droit d'être informés dès leur entrée de leur situation, en leur remettant une newsletter, rédigée dans leur langue ou dans une autre langue qui leur est intelligible. Celui-ci contiendra des informations sur leurs droits et obligations, les règles de régime interne et de coexistence auxquelles ils doivent adapter leur conduite, les règles disciplinaires applicables, leur droit d'adresser des demandes et des plaintes au juge compétent pour contrôler le séjour dans le centre lorsqu'ils estiment que leurs droits fondamentaux ont été violés et les moyens de formuler des demandes et des plaintes.
EN 2024, 1 863 MIGRANTS ENTRÉS EN CIE
Au total, 1.863 migrants sont entrés dans les Centres d'internement pour étrangers (CIE) en 2024, soit 222 de moins qu'en 2023, selon le rapport « Des racines derrière les murs », du Service jésuite des migrants (SJM), présenté au Congrès des députés en septembre de l'année dernière.
Le SJM souligne dans le rapport que la majorité des détentions ont eu lieu pour cause d'expulsion : 1.563 personnes (83,90%) contre 300 pour cause de retour (16,10%). Concernant les rapatriements forcés, un total de 3.286 ont été enregistrés tout au long de l'année 2024. Parmi eux, 2.923 correspondaient à des expulsions (88,95%) et 363 à des retours et départs obligatoires (11,05%). 31,56% (1 037) des 3 286 ont été exécutés depuis la CIE.
La durée moyenne de confinement en CIE est de 33,66 jours, selon le SJM, qui a demandé « une plus grande transparence » de la part de l'Administration et que les informations sur les données et les procédures soient publiées périodiquement.
