L'Espagne aura besoin de 1,5 million d'immigrants au cours de la prochaine décennie en raison du vieillissement et du faible taux de natalité.

L'Espagne aura besoin de 1,5 million d'immigrants au cours de la prochaine décennie en raison du vieillissement et du faible taux de natalité.

MADRID, 11 décembre () –

La Société barcelonaise d'études économiques et sociales du Foment del Treball (Sbees) soulève la nécessité d'accueillir 1,5 million d'immigrants au cours des dix prochaines années pour pouvoir contribuer à la croissance économique face à la transformation démographique que connaîtra l'Espagne en raison du faible taux de natalité structurel, du vieillissement accéléré de la population dû à une longue espérance de vie et de la dépendance croissante aux flux migratoires pour soutenir le marché du travail.

Cela a été indiqué lors d'un événement au cours duquel a été publiée une étude sur les défis démographiques de « l'Espagne de 50 millions d'habitants », commandée par Opina 360 et qui soulève la nécessité d'intégrer l'immigration comme solution pour relever certains des défis démographiques auxquels l'Espagne devra faire face lorsqu'elle atteindra 50 millions d'habitants pour continuer à être un pays compétitif et économiquement solvable.

Le président du Sbees et du Foment del Treball, Josep Sánchez Llibre, a exigé un Pacte Social entre les pouvoirs publics et la société civile qui permette de corriger, surmonter et anticiper les changements de l'évolution démographique.

« La démographie n'est pas une question d'avenir mais plutôt un sujet d'actualité. Si l'Espagne ne fait pas face au défi démographique avec force et immédiatement, nous nous retrouverons sans main d'œuvre avec laquelle travailler et sans capacité d'être compétitif », a-t-il déclaré.

Dans ce sens, il a assuré que l'Espagne et l'économie espagnole ont besoin de l'immigration pour progresser économiquement et que l'immigration est nécessaire à la durabilité de la « société de bien-être » et constitue également une solution pour l'avenir économique et social du pays.

« Les entreprises ont absolument besoin de l'immigration pour être plus productives, plus compétitives, pour générer de la richesse et en même temps créer des emplois, et pour pouvoir réduire les inégalités et renforcer la cohésion sociale », a-t-il souligné.

Avertissement du CEOE : les dépenses de retraite atteindront 16 % du PIB en 2050

Cette position a été partagée par le président de la CEOE, Antonio Garamendi, qui a souligné que « le changement démographique est global mais il se trouve que l'Espagne est l'un des pays où cette transformation sera la plus grande parce que nous avons l'une des espérances de vie les plus longues mais avec des taux de natalité très faibles, et nous sommes déjà le cinquième pays le plus ancien d'Europe ».

« Cette évolution va avoir un impact dans plusieurs domaines et le moment est venu d'agir ; nous devons affronter des problèmes tels que ceux liés au vieillissement de notre population, qui entraînera une augmentation des dépenses de retraite, qui passeront de 13% du PIB aujourd'hui à 16% du PIB en 2050 », a souligné Garamendi.

6,3% DU TOTAL DES EMPLOIS NE SERONT PAS COUVERTS

Le rapport prévoit que la population espagnole atteindra 50 millions d'habitants au cours des deux prochaines décennies, avec un solde migratoire net positif. Si ces prévisions se réalisent, en 2035 la somme de la population originaire de l'étranger et des descendants d'étrangers nés en Espagne pourrait dépasser 34%, ce qui signifie qu'un tiers de la population sera lié – dans la première ou la deuxième génération – à l'immigration.

Selon le rapport, au cours de la prochaine décennie, il y aura un déséquilibre sur le marché du travail entre les personnes qui prendront leur retraite et celles qui y entreront, produisant un déficit de 1,4 million de travailleurs, de sorte que 6,3% du total des emplois ne pourront pas être couverts et il faudrait incorporer près de 140 000 personnes en âge de travailler chaque année pour combler ce déficit de travailleurs.

De même, selon l'étude, l'augmentation du nombre de retraités et des dépenses en prestations sociales continue de constituer un défi pour la viabilité financière du système.

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