L'inquiétude des Espagnols concernant le logement continue de croître et augmente de 10 points en six mois, selon Eurobaromètre

L'inquiétude des Espagnols concernant le logement continue de croître et augmente de 10 points en six mois, selon Eurobaromètre

MADRID, 17 (EUROPA PRESSE)

Le logement est de loin la principale préoccupation des Espagnols devant des questions comme l'inflation ou l'immigration et a connu une augmentation de 10 points au cours des six derniers mois, selon le dernier Eurobaromètre présenté ce mercredi à Madrid.

Ainsi, 36% des Espagnols interrogés identifient le logement comme le principal problème auquel l'Espagne est confrontée, soit dix points de plus que lors du précédent Eurobaromètre réalisé au printemps. Les données contrastent également avec la moyenne européenne, puisque cette question n'est mentionnée comme un problème que par 13 % des personnes interrogées.

En deuxième position se trouve l'inflation, évoquée par 23% des Espagnols consultés, soit un point de moins que lors de l'enquête précédente. Cette question est la principale préoccupation au niveau européen, avec 31%.

Ensuite, et à égalité, les Espagnols citent l'immigration et la situation économique, avec 17%, après avoir baissé respectivement d'un et neuf points par rapport à la vague précédente. Ce chiffre est très proche de la moyenne européenne, même si dans ce cas la situation économique (19%) est plus préoccupante que la situation de l'immigration (15%).

Ensuite, les Espagnols identifient la santé (16%) et le chômage (11%), deux problématiques devant celles que les Européens identifient comme leurs principales préoccupations (respectivement 12% et 8%).

En revanche, la préoccupation qui existe au niveau européen en matière de sécurité et de défense, évoquée par 13% des personnes consultées – au même niveau que le logement, bien que deux points de moins qu'au printemps – est très reléguée dans le cas de l'Espagne. Ainsi, seulement 4% des Espagnols le mentionnent comme une préoccupation, soit un point de moins.

PRIORITÉS BUDGÉTAIRES

En revanche, en plein débat au niveau des dirigeants sur le prochain budget européen, l'Eurobaromètre a demandé aux citoyens d'identifier les enjeux auxquels il devrait être alloué en priorité.

Ainsi, dans le cas des Espagnols, 63% s'engagent dans l'emploi, les services sociaux et la santé publique, soit deux points de plus. Même si au niveau européen ces questions constituent également une priorité, seuls 42% le mentionnent.

Deuxièmement, et conformément aux préoccupations exprimées, 52 % des Espagnols identifient comme priorité que le budget européen soit alloué au logement, contre 26 % des Européens.

Ensuite, 46 % des Espagnols citent l'éducation, la formation, la jeunesse, la culture et les médias, contre 36 % des Européens, et 26 % s'engagent dans la recherche scientifique et l'innovation, contre 23 % des Européens.

En cinquième position, les Espagnols mentionnent la sécurité et la défense, avec 22% et deux points de moins, un chiffre très loin de la moyenne de 35% au niveau européen, même si dans ce cas aussi le chiffre reflète une baisse de 8 points par rapport à l'Eurobaromètre du printemps.

DOMAINES DANS LESQUELS L'UE DOIT AGIR

En outre, l'Eurobaromètre a interrogé les citoyens sur les questions sur lesquelles l'action de l'UE pourrait avoir un impact positif à court terme. Ici, 36% des Espagnols mentionnent la création de davantage d'opportunités d'emploi (quatre points de moins), une question qui apparaît en deuxième position au niveau européen, avec 26%.

Pour les Européens, l'enjeu prioritaire en la matière serait d'assurer la paix et la stabilité, ce qui est évoqué par 42% des citoyens consultés dans les Vingt-sept, tandis qu'en Espagne ils sont 35% à citer cette question, soit un point de moins qu'au printemps.

En troisième position en Espagne se trouve l'amélioration de l'accès au logement dans l'UE, avec 34% et trois points de plus, contre 16% au niveau européen.

En revanche, au niveau européen, derrière la garantie de la paix et la création d'emplois, vient la garantie de l'approvisionnement alimentaire, sanitaire et industriel de l'UE, avec 25% (21% chez les Espagnols), après quoi vient la gestion de la migration irrégulière, avec 24%, un chiffre qui reste inchangé, tandis qu'en Espagne il est de 23%, un point de plus.

Ensuite, à égalité avec 22%, au niveau européen, on considère que les mesures européennes pourraient avoir un impact positif sur la lutte contre la criminalité et sur le renforcement de la sécurité et de la défense européennes. En Espagne, ce chiffre s'élève respectivement à 21% (un point de moins) et 14% (un point de plus).

Pour les cinq prochaines années, les Espagnols estiment que l'UE devrait prendre des mesures en matière d'emploi (37%), de santé (32%) et de migration (30%), tandis que la sécurité et la défense, qui constituent la principale priorité pour 34% des Européens (bien qu'avec cinq points de moins), restent à 21% dans le cas de l'Espagne.

Parmi les citoyens des Vingt-Sept, l'économie arrive en deuxième position (27%), suivie par la santé et les migrations, le climat et l'environnement (23%) avec 25% et l'emploi reste à 21%.

LES DÉFIS EUROPÉENS

Concernant les questions les plus importantes auxquelles l’UE doit faire face actuellement, il existe un accord entre les Espagnols et le reste des Européens : l’invasion russe de l’Ukraine. Ainsi, cette question est évoquée par 25% des Espagnols (quatre points de moins) et 26% des Européens (un point de moins).

Chez les Espagnols, la situation internationale arrive en deuxième position, avec 25%, suivie par l'immigration, avec 21%, le conflit au Moyen-Orient (17%), la situation économique (16%), l'inflation (14%) et la défense et sécurité (12%).

Au niveau européen, derrière le conflit en Ukraine se trouvent l'immigration (20 %), la situation internationale (19 %), la défense et la sécurité (18 %), l'inflation (16 %) et les menaces contre la démocratie (11 %).

L'enquête a été réalisée entre le 9 octobre et le 2 novembre à travers plus de 36 000 entretiens dans les 27 États membres de l'UE et pays candidats, dont un millier en Espagne.

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