Plusieurs dirigeants européens reprochent à Sánchez la régularisation des migrants en raison de ses critiques à l'égard des centres d'expulsion
BRUXELLES, le 19 juin ( ) –
Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a dû faire face aux critiques de plusieurs dirigeants de l'Union européenne concernant la régularisation extraordinaire des migrants en Espagne et son possible impact sur le reste des partenaires, lors d'une discussion à huis clos jeudi au Conseil européen de Bruxelles, après avoir exprimé son rejet de la réforme convenue par le bloc pour durcir la politique d'asile et consolider l'externalisation des centres d'expulsion dans les pays tiers.
La bagarre s'est produite lors de la première séance du premier jour du sommet au cours de laquelle les dirigeants ont reçu la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, dont l'institution avait donné la veille son feu vert à la réforme controversée. Après avoir félicité Metsola pour le succès du vote, Sánchez a pris la parole pour manifester son opposition aux centres d'expulsion, une mesure qui va à l'encontre de la politique d'immigration espagnole.
Selon des sources de la Moncloa, Sánchez a déclaré aux dirigeants que l'Espagne s'oppose à ces centres d'expulsion de migrants, même s'ils ont évité de le décrire comme un affrontement mais comme un bref échange sur la migration dans lequel le chef de l'Exécutif a défendu la position espagnole et d'autres dirigeants ont fait de même avec leurs positions.
Face à la réponse de plusieurs partenaires, critiquant l'extraordinaire régularisation, Sánchez a souligné le succès du modèle espagnol, qui promeut une Europe ouverte avec une migration qui contribue à la croissance économique nationale.
En ce sens, les sources susmentionnées soulignent que l'Espagne applique dans son intégralité le Pacte européen sur la migration et l'asile ainsi que le règlement de Dublin sur les demandes d'asile émanant de citoyens extérieurs à l'Union européenne.
REPROCHES POUR LA RÉGULARISATION DE L'ESPAGNE
La politique de régularisation est une question de compétence nationale, mais conformément à ce qui a été exprimé ces derniers mois par le commissaire à l'intérieur, Magnus Brunner, la mesure extraordinaire prise par le gouvernement inquiète plusieurs partenaires dans la mesure où elle pourrait avoir un impact en raison de mouvements secondaires de personnes régularisées vers d'autres pays de l'Union.
En effet, Brunner avertissait déjà en février que « chaque État membre doit garantir que ses décisions n'auront pas de conséquences négatives dans d'autres parties de l'Union européenne » et qu'il doit veiller à ce que, si le migrant se déplace vers un autre État membre, il soit renvoyé dans le pays qui lui a accordé l'autorisation.
Dans ce contexte, les sources consultées soulignent que l'un des dirigeants qui ont exprimé leurs réserves l'a fait en avertissant Sánchez que régulariser au moins 500 000 personnes en Espagne signifie aussi « avoir 500 000 migrants supplémentaires en Europe », et il aurait donc souhaité que l'Espagne informe le reste des membres avant de franchir le pas.
Le président du gouvernement a cependant défendu parmi ses arguments qu'une grande partie des personnes qui ont profité de la régularisation extraordinaire sont d'origine latino-américaine, avec des racines dues à la langue, entre autres raisons, et qu'il n'est donc pas prévu qu'elles cherchent à s'installer dans d'autres pays de l'Union.
