Régularisation extraordinaire, « légère » pour les migrants en situation irrégulière : « Il y a beaucoup d'attente »

Régularisation extraordinaire, « légère » pour les migrants en situation irrégulière : « Il y a beaucoup d'attente »

MADRID, 1er février () –

La récente régularisation extraordinaire annoncée par le gouvernement espagnol a réveillé l'espoir parmi les migrants en situation irrégulière, offrant la possibilité de travailler légalement et de retrouver la stabilité pour leurs familles. Nicolás (nom fictif), citoyen péruvien résidant à Santiponce (Séville), explique que cette mesure représente une « légèreté » pour les étrangers.

Une fois en Espagne, Nicolás se souvient que, même s'il pouvait travailler « au noir », sa femme n'avait pas cette possibilité, ce qui rendait difficile de subvenir aux besoins du foyer et des études de leurs enfants.

La nouvelle procédure annoncée par le gouvernement, en revanche, permet aux migrants d'accéder immédiatement à l'autorisation de travail, éliminant ainsi l'attente prolongée dans l'ancien établissement de travail. « Avec l'autorisation de travailler, la pression est supprimée », explique Nicolás.

Dans son cas, la décision de demander la régularisation n'est pas finalisée : lui et son fils ont déjà entamé des procédures d'installation (une socio-travail et une formation), donc présenter une nouvelle demande impliquerait de nouveaux coûts en termes d'honoraires et de documentation. Son épouse, quant à elle, envisage de profiter de la régularisation extraordinaire, la considérant comme une manière plus « agile et simple ».

Il met également en garde contre le manque d'informations accessibles concernant les procédures d'immigration. Selon lui, les règles sont écrites dans un langage complexe et changent au fil des interprétations ultérieures qui ne parviennent pas toujours aux citoyens. « De nombreuses clarifications ont été apportées après l'adoption de la règle, mais les gens ordinaires ne le savent pas et s'enlisent », affirme-t-il.

Dans le même ordre d'idées, Nicolás ajoute qu'« il est impossible de faire lire à quelqu'un une règle d'un autre pays et de la réussir du premier coup ». Cette situation, explique-t-il, fait que les migrants dépendent du soutien d'organisations telles que la Commission espagnole d'assistance aux réfugiés (CEAR) pour gérer leurs démarches, une ONG qui leur a fourni un soutien juridique ainsi qu'à sa famille.

Ce mardi, l'Exécutif a entamé le processus d'urgence pour régulariser extraordinairement les migrants, suite à un accord entre le PSOE et Podemos. Il reprend ainsi l'esprit de l'ILP, qui a été soutenu par plus de 700 000 signatures et pris en considération au Congrès des députés en 2024 par tous les groupes sauf Vox, mais qui est resté bloqué.

PRINCIPALES EXIGENCES

Selon le ministère de l'Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, la procédure s'adressera à tous les étrangers qui se trouvaient en Espagne avant le 31 décembre 2025 et qui prouvent qu'ils ont passé au moins cinq mois de manière continue en Espagne au moment du dépôt de la demande. Ces circonstances peuvent être prouvées par n’importe quel document public ou privé ou une combinaison des deux.

Dans le cas des demandeurs de protection internationale, il suffira que ladite demande ait été déposée avant le 31 décembre 2025 et puisse être accréditée.

Une autre exigence sera de ne pas avoir de casier judiciaire ou de constituer une menace à l'ordre public. Les personnes qui participent à ce processus et prouvent qu'elles satisfont aux exigences pourront accéder à une autorisation de séjour en Espagne d'une validité initiale d'un an. Passé ce délai, ils doivent être intégrés aux chiffres ordinaires prévus par le Règlement sur l'Immigration, ce qui permet une intégration complète et progressive dans le système.

La portée du projet s'adresse principalement aux personnes qui vivent déjà en Espagne depuis longtemps et qui ont été laissées en dehors des voies ordinaires de régularisation, y compris celles dont les demandes de protection internationale sont en attente ou refusées et qui n'ont pas pu bénéficier des différentes formes d'enracinement. La mesure sera appliquée de manière générale, sans distinction de nationalité, pour autant que les conditions établies soient remplies.

D'autre part, le processus permettra la régularisation simultanée des enfants mineurs des demandeurs qui se trouvent en Espagne, dont le permis sera de cinq ans.

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