20 % de la population espagnole est d'origine immigrée, après plus de deux millions de personnes supplémentaires depuis 2021, selon SJM
MADRID, 26 janvier () –
Une personne sur cinq résidant en Espagne (20,28 %) est d'origine immigrée. En chiffres absolus, ils sont près de 10 millions de personnes, après une augmentation de plus de deux millions depuis 2021, selon le rapport annuel du Service Jésuite des Migrants (SJM) « La population d'origine immigrée en Espagne », qui offre une radiographie de la réalité migratoire avec des données mises à jour au 1er janvier 2025.
Selon les données de l'Institut national de la statistique (INE), analysées par le SJM, la population totale en Espagne atteignait 49,1 millions d'habitants au 1er janvier 2025, dont 9,96 millions étaient des personnes nées à l'étranger ou nées en Espagne avec une nationalité étrangère.
En ce sens, le document reflète qu'entre 2021 et 2025, la population totale a augmenté de 1,7 million de personnes (de 47.400.798 en 2021 à 49.128.297 en 2025), tandis que la population d'origine migrante a augmenté de plus de 2,15 millions. Parallèlement, la population née en Espagne a diminué de plus de 400 000 personnes.
De la même manière, il souligne qu'en 2024, plus de 1,28 millions de personnes ont établi leur résidence en Espagne depuis l'étranger, tandis que 662.294 ont émigré vers d'autres pays. Le solde migratoire était positif avec plus de 626 268 personnes, tirées presque exclusivement par la population née hors d'Espagne.
Alors que la population née à l'étranger représente 19,26% au niveau national, plusieurs communautés autonomes dépassent les 20% : Îles Baléares (28,68%), Melilla (24,56%), Catalogne (25,10%), Madrid (24,88%), Communauté valencienne (24,11%), Îles Canaries (23,45%) et Murcie (20,43%).
En 2024, la population née à l’étranger a augmenté de 625 976 personnes. Les communautés qui ont concentré les plus fortes augmentations ont été la Catalogne (132 188), la Communauté valencienne (110 753), Madrid (101 393) et l'Andalousie (64 968).
Le panorama migratoire de ce début 2025 est majoritairement ibéro-américain et européen, à l’exception notable du Maroc et de la Chine. Les vingt principaux pays d'origine sont : le Maroc, la Colombie, le Venezuela, la Roumanie, l'Équateur, l'Argentine, le Pérou, le Royaume-Uni, Cuba, le Honduras, la France, l'Ukraine, la Chine, la République dominicaine, la Bolivie, le Brésil, l'Allemagne, l'Italie, le Paraguay et la Russie.
Le rapport analyse également la différence entre la population étrangère résidente et les personnes titulaires d'un permis de séjour valide. En 2025, on compte plus de sept millions d’étrangers titulaires d’une autorisation administrative, un chiffre supérieur au nombre de résidents étrangers enregistrés.
« Le fait que le nombre de titulaires de permis de séjour dépasse le nombre de résidents enregistrés de la même nationalité suggère que de nombreuses personnes conservent leurs documents actifs même s'ils ne résident plus en Espagne », note le SJM. Ce phénomène indique qu'il est « très marqué » chez les Roumains (différence de 520.186), les Britanniques (155.610), les Ukrainiens (110.976), les Français (90.072), les Allemands (76.966) et les Chinois (17.487). Dans le cas de l'Italie (différence de 138 289), il précise qu'il répond à la fois à l'immigration italo-argentine et aux citoyens italiens qui conservent leur enregistrement après avoir émigré.
