La régularisation déclenche des messages de haine sur les réseaux sociaux, qui représentaient en avril 85% du total
MADRID, le 3 juin () –
85 % des contenus des réseaux sociaux surveillés par l'Observatoire espagnol du racisme et de la xénophobie (OBERAXE) au mois d'avril cherchaient à discréditer les migrants, en présentant ce groupe comme une menace (55 %) ou en incitant à leur expulsion (30 %). Ces données coïncident avec le début, le 16 avril, de la réglementation extraordinaire des migrants.
Cela ressort clairement des données publiées dans le Bulletin de l'Observatoire espagnol du racisme et de la xénophobie (OBERAXE), dépendant du secrétaire d'État aux Migrations du ministère de l'Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations.
Ces deux catégories ont augmenté « de manière significative » par rapport au mois précédent, où les contenus incitant à l'expulsion représentaient 16% des messages – près de la moitié de ceux d'avril – et ceux qui discréditaient le groupe 36%, soit 19 points de pourcentage de moins.
Le rapport relie cette augmentation du discrédit au début du processus de régularisation administrative extraordinaire pour les étrangers en situation irrégulière. Pour OBERAXE, on constate une augmentation des « épisodes prototypiques liés aux « politiques publiques » qui, en mars, n'étaient pas suffisamment pertinents pour être mis en avant dans le rapport et en avril ils représentent près d'un commentaire sur quatre (24%) ».
Par ailleurs, le Bulletin a pointé du doigt des épisodes précis comme les images de files d'attente dans les consulats, comme exemple des déclencheurs de cette haine sur les réseaux sociaux.
RETRAIT DE 56% DES CONTENUS PAR LES PLATEFORMES
Au mois d'avril, le système FARO a détecté 39.559 messages à caractère raciste, xénophobe, anti-tsigane, antisémite et islamophobe, ce qui représente une augmentation de 20% par rapport aux 32.941 commentaires détectés en mars.
Le taux de suppression des contenus haineux par les plateformes a diminué, puisqu'elles ont supprimé 56 % des messages signalés, contre 62 % en mars. C'est la conclusion du Bulletin en ligne sur le discours de haine, cofinancé par l'Union européenne à travers le Fonds Asile, Migration et Intégration (FAMI).
Le rapport a souligné l'impact du processus de régularisation administrative extraordinaire par rapport aux groupes cibles. Les contenus destinés à la catégorie générique « immigrants » représentent pour la première fois 13 % du total des messages.
Il s'agit du troisième groupe le plus cité après les Nord-Africains qui représentent 54% des commentaires, ou les musulmans qui représentent 38% des messages.
Toutefois, les messages déshumanisants ont diminué, passant de 39 % en mars à 13 % en avril. Les contenus liés au « conflit armé » sont également fortement réduits, ce qui était l'un des principaux déclencheurs au mois de mars (38 %) et, en avril, ils chutent à 11 %.
Concernant l’activité de suppression de contenus des plateformes, TikTok continue d’être la plus efficace, avec 86 % des messages supprimés. De son côté, X a retiré 83%, Instagram 65%, Facebook 40% et YouTube 11%.
