Le HCR met en garde contre « une plus grande vulnérabilité et un plus grand danger » pour les migrants malgré la diminution des arrivées en Espagne
MADRID, 30 janvier ( ) –
L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a averti que les migrants sont confrontés à « une plus grande vulnérabilité et un plus grand danger » malgré la diminution des demandes d'asile et des arrivées par voie maritime en Espagne.
Comme le rappelle le HCR dans un communiqué, en 2025, les arrivées de migrants en situation irrégulière en Espagne se sont élevées à 36 775, contre plus de 64 000 l'année précédente, ce qui représente une réduction de 43 %. Cependant, il a averti que cette diminution « pourrait refléter un renforcement des obstacles à la sortie ou au transit, une augmentation des risques ou des changements d'itinéraires, ce qui peut se traduire par une plus grande vulnérabilité et un plus grand danger pour les personnes ».
« Une diminution des arrivées peut être considérée comme positive lorsqu'elle est liée à de réelles améliorations de la sûreté et de la sécurité ; cependant, elle peut aussi signifier que davantage de personnes se retrouvent piégées dans des situations à risque ou sont obligées de recourir à des itinéraires encore plus dangereux », a déclaré la porte-parole du HCR, Paula Barrachina.
Par exemple, il a exposé le cas de la route atlantique vers les îles Canaries, où l'on observe une plus grande diversification des points de départ, « qui peuvent impliquer des traversées plus longues et plus dangereuses » ou le cas des arrivées aux îles Baléares où sont arrivées « des personnes ayant des besoins évidents de protection, y compris des femmes, des garçons et des filles, en provenance de pays touchés par la violence et les crises humanitaires ».
D'autre part, il convient de souligner que, selon les données officielles, 144.396 personnes ont demandé une protection internationale en Espagne en 2025, soit 14% de moins par rapport à l'année précédente, une diminution que le HCR attribue, entre autres facteurs, à l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation sur l'immigration, qui facilite d'autres moyens de régularisation.
Dans ce contexte, il considère que la récente mesure annoncée par le Gouvernement « peut contribuer à offrir une réponse plus appropriée aux différentes situations migratoires en Espagne et à préserver le droit d'asile pour ceux qui ont fui les conflits et les persécutions et ont besoin d'une protection internationale ».
Par ailleurs, le HCR souligne qu'au cours de la même période, les résolutions ont augmenté de 67 %, reflétant « un effort de traitement important ». La majorité des demandeurs d'asile étaient de nationalité vénézuélienne, avec plus de 85 000 demandes (59 % du total) ; malien, avec 16 000 candidatures, et colombien, avec 14 000 candidatures.
Il souligne également qu'en 2025, l'Espagne a accordé une protection internationale à 75 274 personnes (47 % des demandes résolues), dont 7 838 ont obtenu le statut de réfugié, 10 103 la protection subsidiaire et 57 333 la protection pour raisons humanitaires, la majorité étant des ressortissants vénézuéliens. En outre, 30 375 personnes ont demandé une protection temporaire, dont 29 600 sont des ressortissants ukrainiens.
La majorité des demandes d'asile ont été présentées sur le territoire national (134 895), un chiffre qui, selon le HCR, reflète le fait que de nombreuses personnes ont demandé l'asile après être arrivées en Espagne par voie aérienne, notamment en provenance de pays d'Amérique latine, comme le Venezuela et la Colombie.
41% DES CANDIDATS, FEMMES ET FILLES
Concernant les profils des réfugiés arrivés en Espagne en 2025, tant par voie maritime, terrestre et aérienne, le HCR souligne que « les personnes issues de contextes de conflit et de crises humanitaires prolongées, ayant des besoins de protection internationale et se trouvant dans des situations de grande vulnérabilité » continuent de rechercher une protection. Concrètement, il faut souligner que 41% des candidatures ont été soumises par des femmes et des filles.
Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, aux îles Canaries, on constate une augmentation du nombre de femmes en situation de « grande vulnérabilité et ayant besoin d'une protection internationale, dont beaucoup ont été victimes d'une violence extrême tant dans leur pays d'origine que pendant leur transit ».
Aux îles Canaries, 37 % de ceux arrivés par la mer étaient de nationalité malienne, venant d'un pays marqué par la violence et les déplacements forcés. Leurs demandes d’asile ont également augmenté, passant de 6 % du total en 2024 à 11 % en 2025.
Parallèlement, des arrivées ont été enregistrées par d'autres routes, avec une augmentation des personnes de nationalité somalienne et malienne vers les îles Baléares et de nationalité soudanaise vers Ceuta, selon le HCR.
« Même si une diminution des arrivées est observée sur certaines routes, rien n'indique que les besoins de protection ou les risques ont diminué. Les routes maritimes, en particulier celle vers les îles Canaries, restent très dangereuses, et notre préoccupation demeure quant aux décès et aux disparitions en mer, ainsi qu'aux risques de violence, d'exploitation et de traite des êtres humains le long de la route », a ajouté le porte-parole du HCR.
Dans ce contexte, le HCR insiste sur l'importance d'une coopération entre les pays axée sur des « solutions durables », y compris la protection le long des routes, le soutien humanitaire et l'accès à des voies sûres et régulières, et appelle à « des alternatives accessibles, telles que le regroupement familial, la réinstallation ou d'autres voies complémentaires ».
En ce sens, il souligne qu'en 2025, 861 réfugiés du Liban et du Costa Rica sont arrivés en Espagne grâce au programme de réinstallation (30% de femmes et 37% de garçons et de filles).
