Les deux accusés d'avoir dirigé un bateau avec 20 personnes vers Cabrera profitent de leur droit de ne pas témoigner
PALMA, 1er juillet () –
Les deux accusés d'avoir piloté un bateau avec 20 personnes depuis l'Algérie jusqu'à Cabrera ont profité ce lundi de leur droit de ne pas témoigner, lors du procès qui s'est tenu devant la Deuxième Section du Tribunal Provincial des Îles Baléares.
Le procureur requiert cinq ans de prison pour chacun des accusés pour délit contre les droits des citoyens étrangers. Le bateau, dans lequel voyageaient deux mineurs, a été intercepté dans les eaux de Cabrera au départ de Boumerdés (Algérie). Le voyage a duré 30 heures.
La défense a demandé l'acquittement, remettant en cause le principal élément de preuve à charge : la déclaration d'un des migrants qui désigne les deux garçons comme étant ceux qui pilotaient le bateau. Ce témoignage a été retenu comme preuve préconstituée après l'arrivée du bateau, mais le témoin – bénéficiant du statut de protégé – n'a pas comparu au procès.
Selon cette personne, ce seraient les deux accusés qui contrôlaient le bateau, se relayant avec quatre autres hommes qu'il n'a pas identifiés. Il explique qu'il n'a pu distinguer que ces deux-là et les a signalés lors de deux reconnaissances photographiques.
Ce témoin a assuré que les migrants ont fait tout le trajet sans pouvoir bouger en raison de la surcharge du bateau, et qu'ils n'avaient pas de nourriture, de gilet de sauvetage, de radio, de fusées éclairantes ou de lumières. Un responsable du Sauvetage Maritime a corroboré le manque de mesures et de dispositions de sécurité au moment de l'interception du bateau en fibre, d'environ six mètres de long, qu'il a trouvé déjà arrêté.
Le témoin a également indiqué qu'au cours du voyage, ils sont passés à proximité de grands navires qui compromettaient la stabilité du bateau, doté d'un seul moteur de 40 chevaux. Sur une photographie, on peut voir l'un des deux accusés debout à côté du moteur.
De son côté, la défense a considéré que le témoignage n'était pas crédible et a affirmé qu'il aurait pu faire cette déclaration uniquement pour obtenir des avantages en matière d'immigration.
Les accusés n'ont pas voulu témoigner au procès mais ont été interrogés au cours de l'enquête, au cours de laquelle ils ont déclaré qu'ils étaient « drogués et ivres », selon ce qu'a indiqué la procureure dans son rapport.
