Les résidents maghrébins du Centre d'Immigrants de Ceuta déclarent une grève de la faim parce qu'ils se sentent discriminés
CEUTA, 5 août ( ) –
Les résidents du Centre de Séjour Temporaire pour Immigrés (CETI) de Ceuta ont informé Europa Press que près d'une cinquantaine de personnes originaires du Maroc et d'Algérie ont entamé une grève de la faim ce lundi matin. Ils cherchent à exprimer leur désaccord sur la sélection de ceux qui partent vers la péninsule, car ils se sentent discriminés par rapport aux détenus d'origine subsaharienne.
La Délégation Gouvernementale à Ceuta nie que cette proposition ait été initiée. Ils ont reconnu que le directeur du centre, José Durán – qui a présenté sa démission il y a quelques jours – a été informé de son « intention » de faire grève, mais finalement, selon eux, les promoteurs ont renoncé.
De leur côté, plusieurs résidents du CETI avec lesquels cette agence s'est entretenue aux portes des installations situées à Jaral affirment que la protestation a commencé lundi matin.
Selon ce qu'ils ont dit, tout a commencé avec la présélection des prochains résidents qui partiront pour la péninsule. Demain aura lieu le transfert de 62 migrants. Certains habitants critiquent le fait que parmi les présélectionnés, il y a des personnes qui séjournent au CETI depuis 15 jours ou un mois, tandis que d'autres résident dans les établissements depuis « quatre ou six mois » sans avoir eu la possibilité de traverser le détroit. .
Ils rapportent que la majorité des personnes sélectionnées sont d'origine subsaharienne, tandis que celles qui restent sont des Maghrébins. Le transfert vers la péninsule samedi dernier a connu une présence réduite de personnes venant d'Algérie, le reste étant venu de Guinée Conakry, du Soudan et du Tchad. Au départ de demain, il y aura aussi des Algériens, mais aussi des Guinéens et des Soudanais.
Les migrants avec lesquels cette agence s'est entretenue ont déclaré qu'ils étaient en grève non seulement pour protester mais aussi parce qu'ils voulaient être informés des critères de sélection. Ils affirment que la principale condition est l'ancienneté, car ils considèrent injuste que certains arrivés il y a deux semaines parviennent à repartir tandis que d'autres dont le séjour dépasse 4 mois restent.
Les premiers à être sélectionnés pour se rendre dans la péninsule sont ceux qui obtiennent l'asile politique. Les Maghrebs comme les Subsahariens demandent l'asile, mais, selon des sources consultées et proches du dossier, « il est rarement accordé aux Marocains », à moins qu'ils ne remplissent des conditions comme l'appartenance à un groupe persécuté, comme les homosexuels.
La Police Nationale est chargée de mener les entretiens nécessaires à l'octroi de l'asile et de sélectionner les personnes qui composent les groupes qui quittent le CETI pour la péninsule. Le processus de sélection dépend, au-delà de l'asile, de critères tels que l'ordre d'arrivée en Espagne ou la situation de vulnérabilité de chaque détenu, qui est déterminée par les rapports établis par les professionnels du CETI.
