Parents et jeunes de Ceuta prédisent l'absentéisme scolaire et les déplacements en voiture à la rentrée : « Il n'y a pas de confiance »
MADRID, 28 août () –
La FAMPA Cuatro Culturas, le Conseil de la Jeunesse et le Mouvement Étudiant prévoient qu'il y aura des élèves qui n'iront pas en classe à Ceuta, dont l'année scolaire commence le 8 septembre, ainsi que d'autres qui seront transférés en voiture en raison du manque de confiance dans la situation dans la Ville Autonome après l'entrée massive de migrants le 30 juillet.
En outre, ils ont exprimé leur méfiance à l'égard des mesures avancées par le secrétaire d'État à l'Éducation, Abelardo de la Rosa, qui, lors de réunions séparées avec la communauté éducative de Ceuta, a indiqué qu'il y aurait un renforcement de la présence policière pour garantir la sécurité tant dans le transport scolaire que dans l'accès aux centres éducatifs.
Le représentant de FAMPA Cuatro Culturas a souligné que le sentiment des citoyens de Ceuta est celui d'un « abandon total, avec un président du gouvernement qui part en vacances alors que son pays est envahi ».
Bien qu'il considère que les mesures annoncées sont « cohérentes » (« ce sont celles que nous avons incluses dans un projet et envoyé à la Direction Provinciale de l'Éducation »), il s'interroge également sur le fait qu'on parle d'une situation « normale » alors que « 20 violations » ont eu lieu et que dans les centres de santé « on ne peut même pas entrer tels qu'ils sont », a-t-il dénoncé entre autres.
« Pensez-vous qu'il est normal qu'au XXIe siècle, des enfants marchent dans la rue et qu'il y ait un véhicule militaire ou de police à la porte de leur école, aux arrêts de bus, à Mercadona. Et ils me disent non, mais bien sûr, là-bas, nous ne pouvons rien faire. Je veux dire, nous demandons la normalité, que ces gens soient expulsés d'ici. Alors, les familles ont peur », a-t-il dénoncé.
Pour cette raison, il a déclaré qu'il y a « beaucoup » de parents qui n'emmèneront pas leurs enfants à l'école pendant les premières semaines d'école et qu'il y a des familles qui envisagent de signer des autorisations pour que leurs enfants n'aillent pas à l'école. De plus, il y en a d’autres qui utiliseront leur voiture privée pour les emmener à l’école et en revenir. « Les parents n'ont pas confiance, ils ne vont pas laisser leurs enfants partir et revenir seuls, même s'ils ont 12 ou 13 ans », a-t-il indiqué.
« LAISSEZ LES JEUNES VENIR, MAIS DE LA MEILLEURE MANIÈRE POSSIBLE »
Si cela ne fonctionne pas, la possibilité d'agir est réservée. Interrogé à ce sujet, il souligne que si une manifestation est convoquée, elle doit être « très contrôlée », sans « mettre en œuvre » de violence, car il ne veut pas « générer davantage de polémiques ». « En raison de ce qui s'est passé ces jours-ci ici, ils vont maintenant profiter de n'importe quel type de situation pour sortir les choses de leur contexte », a-t-il déploré.
Concernant les mesures proposées, il les considère « insuffisantes » puisque les jeunes de Ceuta ont besoin de revenir à une normalité « complète ». « Ce que nous souhaiterions, c'est un remboursement, mais cela ne peut pas être le cas car la loi doit soi-disant être respectée », a-t-il souligné.
Il ne sait pas préciser si l'absentéisme éventuel des mineurs va se concentrer dans les premiers jours ou dans les premiers « mois ». Il a néanmoins souligné qu'il était un « croyant fidèle » que les jeunes assistent aux cours, mais qu'ils le font « de la meilleure façon possible ». « Il y a des gens qui, cette année, rentrent aussi à l'université, c'est leur dernière année de deuxième année de lycée. Nous avons besoin que nos jeunes y participent, mais de la meilleure façon possible », a-t-il souligné.
De la Rosa a expliqué jeudi aux directeurs d'écoles, aux associations de parents d'élèves et de jeunes de Ceuta le plan de renforcement lié à la rentrée scolaire 2026-2027 dans la ville autonome, convenu lors du Conseil local de sécurité tenu mercredi. Concrètement, il leur a expliqué que le Conseil Local de Sécurité a établi un plan de sécurité qui garantira aux familles que leurs fils et filles se rendront aux centres en toute sécurité.
Par ailleurs, il a souligné que les équipes de direction supervisent également cette organisation des centres. Selon lui, l'Éducation a proposé qu'il y ait un accompagnement policier sur les différents parcours scolaires et, de même, que des agents soient présents aux entrées et sorties des élèves dans les écoles. De même, il demandera un renforcement de la sécurité aux abords des centres scolaires l'après-midi et la nuit afin que du personnel non autorisé ne pénètre pas dans ces bâtiments.
Cette présence en uniforme autour des centres impliquera des agents de la Police Locale, de la Garde Civile, des Forces Armées, de la Police Nationale ou encore de la Protection Civile. Une réunion technique est prévue ce vendredi au cours de laquelle seront établis les membres spécifiques des forces et organes de sécurité de l'État qui seront déployés.
« La coopération des forces de sécurité est magnifique et nous sommes tous déterminés à ce que l'année scolaire commence correctement le 8 », a-t-il noté.
D'autre part, le secrétaire d'État a souligné que les centres sont déjà « préparés, propres et réparés » pour le début des cours, qui commence par la réintégration des enseignants le premier jour et des élèves le huitième jour. « L'activité éducative ne sera pas interrompue », a-t-il assuré.
Par ailleurs, lors des réunions tenues jeudi, il a souligné que le Ministère va mettre en œuvre dans les centres « un plan d'intervention pour que les étudiants qui pourraient souffrir le plus de cette situation puissent l'intégrer, la digérer et minimiser son effet psychologique ». « Nous veillerons à l'aspect émotionnel des élèves, à leur santé émotionnelle et à leur correcte coexistence dans les centres éducatifs », a-t-il ajouté.
